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samedi 5 octobre 2019

RAM : "Subversum"

Quatrième album pour cette formation suédoise de "vrai heavy métal", et probablement le plus impressionnant, et aussi le plus abouti. 
Fils avéré de Judas Priest, RAM atteint ici l'acmé de ce qui constitue son originalité propre : ce côté sombre et tyrannique, comme si une junte militaire dangereuse, sans pitié, mais sensible à la beauté froide et puissante de la musique leur avait commandé la bande-son de ses cérémonies, dans des stadiums que l'on imagine immenses et pavoisés. Ecoutez ne serait-ce que l'instrumental "Temples of void" pour saisir toute l'essence et l'incroyable pouvoir évocateur des harmonies déployées par le groupe.
Disque fort, "Subversum" est pensé pour être le plus efficace possible et n'autoriser aucun décrochage, alternant avec intelligence les chansons courtes ("Eyes of the night") et celles, plus progressives, qui se déploient dans le temps ("Forbidden zone"), les tempos différents, les titres chantés et les instrumentaux ("Terminus", "Temples of void"), les effets (les chœurs inquiétants de "Subversum" et ceux vindicatifs de "Temples of void", entre autres bruitages faits pour déstabiliser et faire frissonner la moelle épinière). 
Une musique qui fonctionne sur les riffs, bien sûr, mais plus encore sur la construction de lignes vocales marquantes et de chorus brillants servis par des guitares jumelles endiablées et lyriques, le tout enrobé dans un son chromé de premier choix.
Le vocaliste, Oscar Carlquist, est bien sûr à la fête : dans un écrin pareil, ses lignes de chant sont une véritable promenade sur la corde raide. A l'instar de son présumé maître, Rob Halford, il peut monter haut, mais il est doté d'un timbre beaucoup plus bestial, ce qui sied d'ailleurs très bien à ce heavy métal insurrectionnel et occulte. 
La face opaque de l'humanité a donc trouvé un nouveau vecteur ; et tandis que cette dictature musicale soumet vos haut-parleurs, jetez un œil au décorum déployé par RAM et déchiffrez les hiéroglyphes futuristes de la pochette : de belles soirées pour l'esprit. 



lundi 19 février 2018

RAM : "Rod"

En 2017, les suédois de RAM ont donc poursuivi leur quête d'un heavy métal pur et virile, ancré dans les traditions initiées par Judas Priest. Ce "Rod" (nommé ainsi en référence à la mascotte cornue qui orne les pochettes) est leur cinquième album, et présente l'originalité d'être organisé en deux faces (ou deux séries de compositions), quel que soit le support utilisé.
Démarrage lourd et lent sur les premières mesures de "Declaration of independence", exactement comme savaient le faire les groupes pionniers du thrash (Sacred Reich, par exemple) avant de mettre la gomme. Rien à dire : les riffs et les lignes de chant portent la chanson, au demeurant fort bien structurée, tout comme "On wings of no return" (encore plus évidente) ainsi que le menaçant "Gulag". La "face A" s'achève avec "A throne at midnight", une composition thrashisante et plus hermétique que les trois précédentes, sur laquelle le chanteur Oscar Carlquist déploie toute l'étendue de sa technique vocale, avec des pointes dans les aigus dignes du Métal God.
La "face B" est conceptuelle et propose une série de six titres organisés pour raconter l'histoire futuriste de "Ramrod the destroyer". Six titres, certes, mais trois véritables chansons seulement, puisque "Anno infinitus", "Voices of death" et "Ashes" sont soit des instrumentaux, soit des narrations (soit les deux à la fois). Légère déception donc à l'issue de la toute première écoute, puisque ces plages très synthétiques à la "Blade runner" n'apportent pas grand chose, musicalement parlant... Mais "Ignitor" (premier titre chanté de la "face B") rassure en confirmant la bonne impression laissée par la "série A". Héroïque et conquérant, cette chanson n'est que montées en puissance et frissons. Tout de suite après, on succombe aux arpèges des couplets de la power-ballade "The cease to be", dont la construction (refrains et solis saturés de rigueur) fera immanquablement penser au célèbre "Beyond the realms of death". Encore un mot (et un pouce levé bien haut) pour le bolide "Incinerating storms" : la "Painkiller"/"Resurrection" de l'album, que Carlquist chante presque entièrement (et brillamment) en voix de tête, avant de céder la place à l'ambiance indus façon Terminator de "Ashes".

lundi 1 janvier 2018

Ram : "Rod" (LP Stream)


Pour bien démarrer ces 365 jours...
Bonne année 2018, au son du nouvel album de Ram, en vinyle !