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lundi 2 août 2021

Raven : "Metal city"

De la carrière de Raven, le fan de métal connaît souvent quelques jalons. Toujours un peu les mêmes... Leurs glorieux débuts dans la NWOBHM, avec 3 albums studio de référence ("Rock until you drop", "Wiped out", "All for one") et un live enragé ("Live at the Inferno"). Puis, la période passée chez Atlantic Records, la maison de disques ayant fortement poussé le groupe à expérimenter, ce qui a donné "Stay hard", et surtout le mal aimé "The pack is back" ; deux albums qui ont bien failli avoir la peau de Raven, tout simplement... Sur "Life's a bitch", leur dernière cuvée chez Atlantic, les anglais ont opéré un retour rassurant au heavy et au speed qui les avaient rendu populaires : l'énergie était là, mais un peu moins l'inspiration. Ensuite, et c'est généralement là que ça devient nébuleux pour beaucoup, Raven a poursuivi sa carrière, sans plus jamais quitter les rivages du métal : des albums publiés avec régularité, en mode assez confidentiel, jusqu'à l'accident grave du guitariste Mark Gallagher en 2001. Plusieurs années de pause imprévue, puis le retour avec "Walk through fire" en 2009, "ExtermiNation" en 2015 et ce "Metal city" en 2020. Une persévérance qui a du bon, puisque ce génial album à la pochette cartoon délirante et originale est le premier à réunir tous les ingrédients pour faire date ; et ça, ce n'est pas arrivé depuis... longtemps !
Forts d'un très bon nouveau batteur (Mike Heller), qui fait cliquer sa double pédale tout du long, les frères de Newcastle alignent, sur le tapis rouge d'une production idéale, les nombreux tips qui ont fait leur renommée. Par exemple, une large moitié d'album occupée par des titres vraiment frénétiques (les 3 premiers, puis "Cybertron", sans oublier ce "Motorheadin" de folie qui démarre par un terrible roulement à la "Overkill" - normal, il s'agit d'un hommage à Motörhead). Pour varier les plaisirs, on rencontre aussi du heavy (l'hymne "Metal city" et le lent "When worlds collide), de l'épique ("Battlescarred",
qui se pique même de reprendre en paroles la célèbre formule "All for one, one for all"), du typé Maiden ("Not so easy" ressemblant fort à "Tailgunner"). Et puis, nous sommes en 2021, aussi Raven se permet-il d'adresser quelques oeillades au thrash métal (le refrain dépravé de "Break" et les quelques blasts de "Human race"). Référentiels, institutionnels : les cris d'orfraie du bassiste/chanteur John Gallagher sont bien de la partie, de même que les solis fiévreux de son frère Mark, ainsi que les célèbres breaks mélodiques composés aux petits oignons qui ont toujours jalonné les morceaux du groupe (ici, le plus remarquable étant celui de "Human race"). 
Vous perdiez du temps à vous lamenter sur la santé de Raven ? Passez à autre chose !




 

lundi 28 décembre 2020

Raven : "The complete Atlantic recordings"

Cette réédition, à l'initiative du petit label Wounded Bird Records, fait un peu grincer des dents sur Internet : 2 CDs et donc 2 albums par CD, là où beaucoup de gens auraient préféré un mini coffret avec 4 CDs, chacun d'entre eux inséré dans une pochette cartonnée... C'est vrai que pour la repro des visuels de ces sorties chez Atlantic (et les informations censées aller avec), c'est très très (trop) petit ! Il semblerait également qu'il n'y ait eu aucune remasterisation à l'horizon... Mais bon, ne crachons pas dans la soupe d'une initiative qui remet à disposition, pour un prix modique, des enregistrements difficilement trouvables à l'heure actuelle (et, si oui, à des tarifs pas cools).
Pour Raven, le temps passé chez Atlantic se résume à un laps de temps assez court : 3 années (1985, 1986 et 1987), qui ont bien failli avoir la peau du groupe anglais ! 
Et ça démarre avec "Stay hard". Successeur du réussi et prometteur "All for one", cet album ne subit que très peu l'influence d'Atlantic, puisque le groupe arrive avec le gros des enregistrements déjà accomplis. La maison de disques demande juste de réenregistrer un vieux titre ("Hard ride") et finance une session studio pour le futur single "On and on". Raven, quant à lui, invite une section de cuivres pour agrémenter l'instrumental "The bottom line". Le résultat ne se fait pas attendre : les fans se focalisent sur les trompettes du titre précité, le refrain assez "chantant" de "On and on", et qualifient même la production de "commerciale" (c'est vrai que le son est légèrement plus ouvert que d'habitude, mais bon...). Dommage, car, dans le fond et dans la forme, "Stay hard" est un bon disque, dans la pure lignée "All for one" : pêchu la plupart du temps, un poil progressif quand il le faut ("Pray for the sun", le digne fils de "Run silent run deep").
Le virage commercial, le vrai, arrive avec "The pack is back". Atlantic, cette fois responsable de la suite des événements, envoie Raven enregistrer à New York, en compagnie du producteur Eddie Kramer, un disque radio friendly, peaufiné à l'extrême, et qui n'est pas sans rappeler l'orientation qu'est en train de prendre Def Leppard (ils en sont à "Pyromania"), ou bien le contemporain "Turbo" de Judas Priest. Sur "Hyperactive", Raven sonne quasiment funky, et c'est clair que "The pack is back" (la chanson) est calibrée à mort pour se graver dans votre tête (ce qu'elle fait d'ailleurs fort bien). Mais, sous des couches de batterie électronique et de guitare synthé, Raven reste avant tout un groupe de hard / heavy ! De sorte, que les puristes sont déçus et que les ingénus qui n'aiment pas ce style extrême n'accrochent pas du tout. Une pure plantade, et un album qui divise toujours plus de 30 ans après, entre ceux qui l'apprécient (et c'est vrai qu'il faut au moins faire l'effort de le réécouter : ça vaut quand même le coup) et ceux qui le détestent.
La suite, c'est l'EP "Mad" sur lequel Raven démarre sa rédemption : cinq titres issus des sessions d'écriture de "The pack is back" mais qui n'ont pas trouvé place sur cet album... Et pour cause : ils sont plus virulents ! De même, la production se veut plus brute, plus pure, même si le groupe garde son cul entre deux chaises : on entend encore des traces d'arrangements synthétiques ("Speed of the reflex", "How did ya get so crazy"), ce qui n'est pas totalement rassurant. 
Le dernier acte de Raven chez Atlantic sera donc l'album "Life's a bitch" (1987). L'année où Def Leppard embrasse le succès avec le FM "Hysteria", Raven fait volte face et grave un disque "comme au bon vieux temps"... Enfin, pas tout à fait : "Life's a bitch" est un album agité et pas gentil, mais il a un son plus heavy métal que d'habitude (peut-être force-t-on un peu trop le trait de la méchanceté). Bien rempli (13 titres), il affiche également une inspiration en retrait ; une certaine linéarité, un peu comme si les velléités mélodiques avaient été soigneusement rabotées. Mais il est clair qu'un titre athlético-speed tel que "Overload" ne peut qu'apaiser les aficionados de Raven : le groupe a toujours la fièvre, comme à ses débuts, jusque dans les paroles ("Everything louder than everything else"... ça ne vous dit rien ?).


 

mercredi 1 novembre 2017

Mes vinyles... Raven : "All for one"

Acheté à Paris au début des années 90, chez Boulinier (boulevard Saint-Michel) qui possédait une espèce de "cave" à disques d'occasion. De grands bacs dans lesquels il fallait fouiller longuement pour trouver son bonheur... Et mon bonheur, ce jour-là, ce fut ce "All for one" du groupe anglais Raven.


Quand on voit le nombre de photos qu'il y avait à l'époque, on ne peut que râler face à la réédition 2017 ! C'est bien de rendre une oeuvre disponible à nouveau pour le plus grand nombre (et à un tarif normal), mais faites donc le travail jusqu'au bout !


La géniale face A de ce disque...






mardi 31 octobre 2017

Raven : "All for one" (réédition 2017)

Voici donc réédité "All for one", le troisième album de Raven (curieux : l'impasse a-t-elle été faite sur "Wiped out", le second méfait ?).
Le disque ayant été produit à l'époque par Udo (chanteur d'Accept) et Michael Wagener (producteur de Dokken, Accept, Mötley Crüe, Great White...), on dirait que le ton s'est un peu durci (cf. le furieux "Hang, drawn and quartered"). Les racines rock sont toujours présentes ("Sledgehammer rock", typique par son riff qui balance) mais le métal est définitivement entré dans la bergerie ("Mind over metal", "Seek & destroy", "All for one"...). 
Ce "All for one" a été un cap important pour Raven, et reste définitivement un album phare dans sa discographie. Pour autant, il faut bien admettre qu'il est légèrement déséquilibré, les meilleurs titres étant concentrés sur la première face... Inoubliables "Take control", "Mind over metal" (speed et hystérique),  "Sledgehammer rock", "All for one" (ohé la Marseillaise !) et surtout "Run silent, run deep", petit frère de "Tyrant of the airways", avec son break planant et mélodique. 
Gros défi, donc, pour boucler la suite du disque... "Hang, drawn and quartered" est sauvé par sa méchanceté mais n'est pas un chef d'oeuvre de composition, "Break the chain" est un "Sledgehammer rock" bis, "Take it away" est assez insignifiant. Cette face B en demi teinte est honorée in extremis par "Seek & destroy" (riff aussi simple que génial, mais surtout grande clairvoyance dans la construction de ce titre, avec cette basse solitaire et menaçante sur les couplets, au service d'une puissance qui enfle inexorablement et finit par exploser) et "Athletic rock", auto-hommage du groupe au style qu'il pratique, doté d'un refrain énergique et très convaincant.
Tout comme la réédition de "Rock until you drop", il n'y aura ni livret, ni biographie, ni photos rares. Par contre, les cinq bonus sont vaguement crédités : des titres parus en face B de différents singles (la reprise sauvage de "Born to be wild" en compagnie d'Udo, "Ballad of Marshall stack", "Inquisitor" dans une version pêchue, semble-t-il en duo avec Udo), un live de 1983 ("Mind over metal"), un inédit issu des sessions de "All for one" ("The power and the glory", qui se retrouvera plus tard sur "Stay hard").


  

samedi 28 octobre 2017

Raven : "Rock until you drop" (réédition 2017)

Tous les fans de métal ne sont pas identiques. De nos jours, par exemple, un amateur de gore grind n'a souvent pas grand chose à voir avec un black métalleux, lequel ne s'accordera pas vraiment avec quelqu'un se rendant aux concerts d'AC/DC.
En 1981, lorsque ce premier album de Raven est paru, tous ceux pour qui Deep Purple ou Led Zeppelin avaient un goût de "trop peu" ont accueilli "Rock until you drop" avec avidité, laissant les autres à des plaisirs déjà très institutionnalisés. Leurs discothèques dédiées à la musique "extrême" de l'époque s'en souviennent encore : il y avait déjà "Never mind the bollocks" (Sex Pistols), quelques albums de Motörhead (dont "Overkill", "Bomber" et "Ace of spades"), le premier Iron Maiden, les méfaits de Judas Priest (qui durcit bien le ton depuis "Sin after sin") ; et ce joyeux troupeau allait vite être rejoint par "Killers" (Iron Maiden), "Breaker" (Accept), "Welcome to hell" (Venom), puis, deux ans plus tard, l'arrivée d'Exciter, Metallica et Slayer. Le besoin de sensations fortes est bien là et ne fait qu'accroître...
A ce jeu-là, Raven déploie une énergie vraiment phénoménale, tout en fonctionnant sur une base plutôt hard rock, mais survitaminée. D'ailleurs, ce besoin d'en découdre et de martyriser les instruments (cf. la pochette), cette envie de vitesse accrue sur certains titres, ainsi que les montées aiguës du bassiste-chanteur John Gallagher ont toujours placé Raven à la frontière du métal, tel un Statu Quo carburant au kérosène (comparaison accrue par le fait que Mark Gallagher, le guitariste, joue parfois sur Fender Telecaster). Mais, ni Statu Quo ni AC/DC n'auraient accordé un tel crédit à la basse (le solo de "Rock until you drop", les arpèges de "Tyrant of the ariways", l'omniprésence "à la Steve Harris" de cet instrument sur "Crazy world"), et pas davantage cautionné ces chorus de guitares harmonisées ("For the future", "Wiped out") ou certains titres teintés de "Maidenite" ("Lambs to the slaughter" et "Tyrant of the airways" déployant quelques avant-goûts d'"Invaders" ou de "The prisoner"). Raven est donc le groupe pourvoyeur d'un hard mutant, livrant aux kids la dose de heavy et de folie dont ils ont besoin.
Sur cette galette juvénile, ce ne sont pas les classiques qui manquent : le nerveux "Hell patrol", le rock n' roll "Don't need your money" et l'indispensable "Rock until you drop" ont tous trois des racines très traditionnelles mais continuent de hanter les shows du groupe. Même sentence pour "Tyrant of the airways", plus progressif et métallique, dont le pont instrumental atmosphérique est le brouillon de ce que Raven produira deux albums plus tard sur "Run silent, run deep".
Cette réédition, qui a au moins le mérite de rendre "Rock until you drop" à nouveau disponible au plus grand nombre, se présente sous la forme d'un fin digipack à 2 volets, les paroles et les crédits étant imprimés à même le carton. Pas de livret contenant une biographie ou des photographies inédites. On regrettera aussi que les trois titres bonus ("Wiped out", "Inquisitor" et "Crazy world") soient fournis sans la moindre explication (on s'aperçoit fortuitement qu'ils sont "bonus" puisque le relevé des textes s'arrête à "Tyrant of the airways"). Cette "reissue 2017" ne sera donc pas l'objet définitif que certains fans attendaient.
Une petite recherche, et l'on découvre que "Wiped out" apparaissait en face B du 7"single "Don't need your money", que "Crazy world" était la face B du 7"single "Hard ride" et que "Inquisitor" avait été enregistrée pour la compilation "Lead weight" à l'initiative du label Neat (celui-là même qui signa Raven à ses débuts). Voilà, ce n'était pas compliqué, n'est-ce pas ?