Paru en 1985, au milieu de cette décennie-pépinière du métal français, ce premier album d'ADX a su séduire les fans, à défaut (bizarrement) de plaire à une partie de la critique de l'époque...
Empruntant le meilleur d'Iron Maiden, de Judas Priest, ainsi que les travaux récents d'une jeune clique assoiffée d'énergie (Metallica, Exciter...), ADX s'est dévoilé avec une production plus qu'honorable, ainsi qu'une cohérence et une personnalité déjà bien affirmée. Pour mieux la comprendre, petit zoom sur le terme "ADX" qui signifie, en métallurgie, "acier doux" : en somme, l'alliance idéale entre le vrai métal et une certaine subtilité. C'est pourquoi le groupe a offert aux auditeurs de poser des mélodies sur du speed métal (la grosse sensation du moment), forts d'une paire de guitaristes inspirés (Bétov et Marquis), d'un talent certain pour la composition, et d'un chanteur (Phil) à la voix idéalement haut perchée et agressive en même temps. A cela, nous rajouterons cette guillotine, qui deviendra le "Eddie" d'ADX !
"Execution" (l'album) propose un track listing pas très compliqué : 8 titres seulement, délimités astucieusement par deux hymnes speed ("Déesse du crime" en intro, et le bestial "Caligula" - à hurler tous ensemble - en guise de conclusion ; incontournables des concerts du groupe 30 ans plus tard). Tout aussi indispensables, "Prisonnier de la nuit" et "L'étranger" (quels refrains !) s'imposent également, mais dans des formats moins linéaires, moins rapides et plus évolutifs (à ce titre-là, la structure de "L'étranger" est tout simplement remarquable). Pour clôturer la face A, rien de tel qu'un instrumental ("Execution") : pas très facile à retenir, mais construit de manière à évoquer les différentes phases d'une exécution, en employant de nombreux procédés musicaux (tambours militaires, arpèges, riffs, chorus, bruitages...).
Sur la face B, mis à part "Caligula" déjà évoqué ci-dessus, c'est "Prière de Satan" qui attire l'attention, avec une qualité de composition bluffante : l'introduction inquiétante et puissante, le riff principal brillant et moteur, la partie centrale plus apaisée (à la Metallica, lorsqu'ils lèvent le pied), les paroles... C'est du grand ADX... Comparativement, "Le fléau de dieu" et "Vampire" marquent un peu le pas. Moins inventifs que leurs consorts, ils n'en restent pas moins intéressants, d'autant qu'ils laissent assez bien apparaître l'influence Maiden : plutôt épique période "Piece of mind", avec de nombreux breaks et chorus, pour "Le fléau de dieu" ; plutôt dans l'esprit "2 minutes to midnight" (un poil plus rapide) pour "Vampire".
Excellent disque : l'une des pierres angulaires du métal français...
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lundi 6 avril 2020
dimanche 21 août 2016
Les rééditions ADX
C'est sur le label grec No Remorse Records que ressortent le deuxième et le troisième album d'ADX. Rappelons que "La Terreur" avait été réédité en 2010 par Bernett Records sous le titre "Terreurs" (avec les 7 titres de 1986, 3 inédits de l'époque, l'album entièrement réenregistré, ainsi qu'un CD de démos des albums "Weird visions" et "Exécution"). "Suprématie", quant à lui, revient du marécage des albums indisponibles depuis belle lurette...
On appréciera grandement le respect des artworks d'origine (aux oubliettes la pochette immonde de "Terreurs"). Autre bon point : chaque album est agrémenté de morceaux en concert inédits tirés des archives du groupe. Sur "La Terreur", on découvre par exemple "La vierge de fer", une pépite live qui n'est autre que la première version de "Tourmente et passion". Par contre, la qualité sonore n'est pas trop au rendez-vous : tous ces titres bonus sont des bootlegs de qualité moyenne, il faut bien le savoir. L'écoute est parfois un peu difficile mais le charme opère : toute une époque, et l'impression fugitive d'être un privilégié ayant déterré un trésor qui devait dormir sur de vieilles cassettes audio poussiéreuses !
Par contre, quel dommage de n'avoir pas plus de renseignements sur ces morceaux live...
Où ? Quand ? Sur les live de 1986, on peut entendre Phil remercier le public de Chambéry (petite recherche sur France Metal Museum : ce serait des extraits du concert du 27/12). De même, "La vierge de fer" (live 1985) viendrait peut-être bien du France Festival de Choisy le Roi (juillet 1985).
De fait, les livrets sont trop succincts : les textes des chansons, quelques photos (groupe, tickets de concert, articles d'époque illisibles...) mais pas de biographie ou d'anecdotes.
Autre petite discorde : une remasterisation des enregistrements en studio aurait été la bienvenue. Pour "La Terreur", ça passe, mais le son de "Suprématie" n'est pas toujours très bon : rendu parfois métallique des guitares (pas dans le bon sens du terme), trop de reverb... Impossible de revenir sur la production d'origine, certes, mais il est certainement possible de faire mieux avec la technologie d'aujourd'hui.
Enfin, pointons du doigt une vraie faute de goût sur l'album "Suprématie" : l'instrumental "Nostromo" qui ouvre les hostilités n'est plus lié à la chanson-titre "Suprématie". Gros blanc d'une seconde qui gâche tout l'effet atmosphérique de l'intro. Quelle boulette !
Ces quelques réserves mises à part, c'est avec bonheur que l'on se replonge dans le speed metal d'ADX et que l'on retrouve à prix normal ces disques qui font partie de notre patrimoine. Belle initiative du label No Remorse, donc, malgré des petites maladresses.
On appréciera grandement le respect des artworks d'origine (aux oubliettes la pochette immonde de "Terreurs"). Autre bon point : chaque album est agrémenté de morceaux en concert inédits tirés des archives du groupe. Sur "La Terreur", on découvre par exemple "La vierge de fer", une pépite live qui n'est autre que la première version de "Tourmente et passion". Par contre, la qualité sonore n'est pas trop au rendez-vous : tous ces titres bonus sont des bootlegs de qualité moyenne, il faut bien le savoir. L'écoute est parfois un peu difficile mais le charme opère : toute une époque, et l'impression fugitive d'être un privilégié ayant déterré un trésor qui devait dormir sur de vieilles cassettes audio poussiéreuses !
Par contre, quel dommage de n'avoir pas plus de renseignements sur ces morceaux live...
Où ? Quand ? Sur les live de 1986, on peut entendre Phil remercier le public de Chambéry (petite recherche sur France Metal Museum : ce serait des extraits du concert du 27/12). De même, "La vierge de fer" (live 1985) viendrait peut-être bien du France Festival de Choisy le Roi (juillet 1985).
De fait, les livrets sont trop succincts : les textes des chansons, quelques photos (groupe, tickets de concert, articles d'époque illisibles...) mais pas de biographie ou d'anecdotes.
Autre petite discorde : une remasterisation des enregistrements en studio aurait été la bienvenue. Pour "La Terreur", ça passe, mais le son de "Suprématie" n'est pas toujours très bon : rendu parfois métallique des guitares (pas dans le bon sens du terme), trop de reverb... Impossible de revenir sur la production d'origine, certes, mais il est certainement possible de faire mieux avec la technologie d'aujourd'hui.
Enfin, pointons du doigt une vraie faute de goût sur l'album "Suprématie" : l'instrumental "Nostromo" qui ouvre les hostilités n'est plus lié à la chanson-titre "Suprématie". Gros blanc d'une seconde qui gâche tout l'effet atmosphérique de l'intro. Quelle boulette !
Ces quelques réserves mises à part, c'est avec bonheur que l'on se replonge dans le speed metal d'ADX et que l'on retrouve à prix normal ces disques qui font partie de notre patrimoine. Belle initiative du label No Remorse, donc, malgré des petites maladresses.
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