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mardi 20 décembre 2016

The Apartments : "Drift" dans le quartier de la Butte aux Cailles (Paris 13ème)

C'était le lendemain du 11 novembre et il y avait un fin brouillard grisâtre sur la capitale, qui n'aura pas percé de la journée (alors que 50 km avant, dans la campagne, il faisait soleil).
Pour accéder au quartier historique de la Butte aux Cailles, situé dans le 13ème arrondissement, on peut descendre au métro Corvisart, qui est aérien et assez élégant. Sur le boulevard, on voit les structures métalliques qui abritent les étals du marché Auguste Blanqui. 
La rue Eugène Atget, juste en face du métro, passe sous le porche d'un immeuble sans charme et continue sous la forme d'une volée de marches, puis d'une voie piétonne.
On accède alors au petit Jardin Brassaï depuis lequel on aperçoit Le Monde...
C'est là que je mets en route le lecteur MP3 pour écouter les premières mesures mélancoliques du deuxième album de The Apartments.  Vu la grisaille du jour, c'est de circonstance.
Donc, voici le quartier de la Butte aux Cailles, juste au-dessus du Jardin Brassaï. Ici, nous sommes à l'angle de la rue des Cinq Diamants et de la rue de la Butte aux Cailles. Le quartier est un vaste îlot de petites rue pavées, de maisons de ville et d'immeubles bas (rarement plus de trois étages). Il y a aussi quelques graffitis sur les façades, les grands ensembles du 13ème arrondissement au loin et "Mad cow" dans les oreilles.

Toujours dans la rue de la Butte aux Cailles, de nombreux restaurants et notamment celui-ci : "Le Temps des Cerises" où j'avais dîné un soir, il y a plus de 20 ans, au temps de ma vie étudiante et universitaire (une tête de veau à vomir...).
L'une des "portes" du quartier, au plus bas de la rue de la Butte aux Cailles.
Quelques mètres plus loin, une fois la rue Barrault traversée, me voici devant "La petite Alsace" dans la rue Daviel. Je crois que j'en étais à "Places where the night is long".
 Cette cité-jardin d'un autre temps vaut le coup d’œil, même si le plus intéressant doit se trouver dedans, une fois l'élégant portail en bois franchi !
En face de "La petite Alsace", dans l'axe de l'entrée ou presque, se trouve la charmante Villa Daviel, qui rappelle les villas du 19ème arrondissement (quartier Danube).  Sauf qu'une fois de plus, l'horizon est barré par un immeuble immonde...

lundi 19 décembre 2016

The Apartments : "Drift"

Avec la réédition de ce deuxième album (soutenue par la région Aquitaine !), The Apartments continue de nous hanter avec ses hymnes fragiles et soft. 
Au maximum du maximum, une Telecaster ou une Rickenbacker se pare d'un overdrive de bon aloi, sur des titres tels que "The goodbye train", "Over" ou encore le final "What's left of your nerve", les plus électriques du lot. Sinon, nos oreilles sont caressées par des sons clairs chorusés, des guitares acoustiques et, parfois, un petit ensemble d'instruments à cordes frottées ("Places where the night is long", "All his stupid friends" et "Mad cow", ce dernier ne passant pas loin d'un côté légèrement déglingué à la "Lovecats" de The Cure). 
The Apartments, c'est toujours la voix décharnée mais envoûtante de Peter Milton Walsh, déclamant des couplets et des refrains pour lesquels on se dit, au premier abord, qu'on ne les retiendra jamais. Et pourtant... Quelques écoutes, et il est bien difficile de se défaire des lignes vocales de "On every corner", "Places where the night is long", "All his stupid friends" et de l'excellent "Mad cow" dont on parlait un peu plus haut.

On ajoutera à tout cela les photos introspectives, en bleu et blanc cette fois, qui illustrent les couvertures et le livret (une habitude chez The Apartments). Elles représentent la nuit, le brouillard du petit matin, la solitude, le vide, l'ennui des derniers lampions d'une fête qui s'achève et tous nos problèmes qui nous rejaillissent à la figure. Un peu d'ébriété, aussi... L'illustration idéale pour la musique que distille ce groupe, la plupart des clichés montrant un Paris nocturne, ce qui n'est guère étonnant puisque Peter Milton Walsh n'a jamais caché un fort penchant pour la France.
A noter : cette réédition est fournie avec trois inédits au son plus que correct, provenant de démos enregistrées à Londres en 1986 sur un 8 pistes : "You wanna cry STOP (I'm the staying kind)", assez entraînante, "Calling on jean" et "On every corner".


samedi 20 février 2016

The Apartments : la pochette de "The evening visits..." à New York

La pochette de "The evening visits..." n'est, comme l'écrit Stephen Schayer dans les notes de l'expanded edition, vraiment pas rock n' roll...
J'aimerais savoir combien de personnes ont succombé au charme fou de cette photographie impersonnelle et énigmatique ?
Lorsque je l'ai découverte, la chronique - hésitante - disait qu'il devait s'agir d'une quelconque friche industrielle. C'était l'époque de Thatcher : mon esprit s'est tout de suite évadé vers des villes minières d'Angleterre... Après tout, pourquoi pas ? Le propre de cette image étant bien de faire décoller l'imagination, comme paradoxalement face à tout horizon obstrué.
Le plus étrange, c'est qu'après avoir visionné le film de David Lynch, je me suis laissé aller à imaginer qu'il pouvait aussi bien s'agir de la vue qu'avait Elephant Man depuis sa petite chambre isolée sous les toits du vieil hôpital de Londres... Un monceau de tristesse.
Mais revenons à l'essai de Stephen Schayer (ex The Chills). Celui-ci évoque son expérience vécue au magasin Vinyl Fetish (Hollywood) où il travaillait dans les années 80. L'essentiel de son travail consistait à faire l'inventaire et le rangement dans l'ordre alphabétique des pochettes (qui étaient séparées des vinyles, soigneusement stockés derrière le comptoir). 
Il commence par la lettre A et tombe en arrêt devant celle de "The evening visits...".
"La pochette, toute en nuances de marron et de doré, représentait un château d'eau et une étendue dépressive de toits dans quelque ville désertique. Mais il s'agit surtout d'une photographie sombre, prise un jour d'automne particulier, à une heure proche du coucher du soleil."
Puis, toujours dans le livret de l'expanded edition, voilà ce qu'écrit Peter Milton Walsh himself.
"La pochette de "The evening visits..." représente la ville. Je l'ai prise tard un soir, du toit de l'immeuble abritant le premier appartement dans lequel j'ai vécu, à New York. Je regardais dans la direction de l'East River et je voyais des toits, un château d'eau et le clocher de l'église St Ann. L'endroit où j'habitais était un sous-sol impropre à la location dans le quartier de Gramercy Park, sous le restaurant Joe Junior, à l'angle de la 16ème rue et de la 3ème Avenue. Cet espace était uniquement voué à entreposer la collection de disques d'un type, puis quelqu'un l'a transformé pour le rendre habitable. J'avais l'impression qu'il s'agissait d'un donjon ou encore d'un bateau, avec ces tuyaux de chauffage qui couraient au plafond et produisaient des cliquetis et des tic tac comme des horloges. Je me souviens des lampes, des poutrelles d'acier, des murs en préfabriqué et du sol en béton."
Une sacré impression d'étouffement, qui explique le besoin du chanteur-compositeur-fondateur de The Apartments d'aller prendre l'air sur le toit...
Le restaurant Joe Junior...
New York : à l'angle de la 3ème Avenue et de la 16ème rue...
Vue du toit de l'immeuble où Peter Milton Walsh a pris le célèbre cliché
(seul le château d'eau semble avoir disparu)...



Sympa, la 16ème rue... On est loin de la friche industrielle, de l’hôpital de Londres et de la ville désertique...
On se croirait plutôt dans le décor du Cercle des poètes disparus !

Peu de temps après, Peter emménage un peu plus loin, "à l'angle de l'Avenue C et de la 11ème rue, dans un appartement à 2 chambres pour un loyer de 300$ par mois". Quartier essentiellement Porto Ricain, avec des dealers de crack et d'héroïne à tous les coins de rue, de la salsa, des phrases en espagnol... Là, il écrit "All you wanted", et ne perd pas l'habitude d'aller rêver sur le toit de son immeuble :



lundi 21 décembre 2015

30 ans : "The evening visits... and stays for years" review

Novembre 2015 : l'album phare de The Apartments ("The evening visits... and stays for years") arrive enfin chez moi, soit 30 ans après la découverte de son existence fragile (et encore trop méconnue).

L'aventure commence donc en 1985, à la lecture d'un Rock & Folk (mais lequel ? Celui de l'été avec Springsteen ou celui de septembre avec Madonna ? Je me souviens bien d'avoir possédé et lu les deux, alors...). Toujours est-il que, passionné à l'époque par la pop anglaise façon Echo & The Bunnymen, The Cure, Lloyd Cole, The Smiths ou encore Joy Division, je succombe à cette chronique décrivant la voix atypique du chanteur... et surtout à cette superbe pochette, triste à pleurer...
Et puis, plus rien. L'album est introuvable dans les bacs (est-ce que je fais bien l'effort de le chercher ?), pas d'internet en ces temps reculés...
Oubli.
Janvier 2010 : amateur de la série des "Crossroads Best-of", j'achète celui-ci. Il couvre la période 1979-1980...
Et sur la quatrième de couverture, perdu dans le patchwork des pochettes d'album, surprise : "The evening visits...". L'article est passionnant, décrivant non seulement cet album culte mais aussi le parcours-découverte du chroniqueur (Yann Giraud) qui en reste marqué à vie et cite ce disque parmi ses "dix albums préférés de tous les temps". Problème : à cet époque, le disque n'a pas été réédité et les rares exemplaires restants se négocient fort cher...
Nouvel oubli.

Mais ne nous décourageons pas car le numéro de juillet 2015 de Rock & Folk est porteur d'une nouvelle de taille (qui passerait d'ailleurs presque inaperçue au sein de cette double page) : le graal de The Apartments est réédité, avec un livret conséquent et des inédits.


Voilà : 30 ans après sa parution (octobre 1985), je le possède enfin.
FIN

vendredi 30 octobre 2015

The Apartments "No song, no spell, no madrigal" review (au parc des Buttes Chaumont - Paris)

Splendide parc des Buttes Chaumont : trouée verte vallonnée et romantique dans le 19ème arrondissement de Paris, un peu à l'écart de la frénésie de la capitale... A voir absolument !
The Apartments : splendide groupe australien à l'écart de la frénésie du star system, pratiquant de temps à autre (cf. les temps de gestation fort longs de chaque album) une pop / folk / new wave délicate, belle et gorgée de spleen. A écouter absolument.
The Apartments c'est en fait la créature de Peter Milton Walsh, dont la voix déchire à tous les sens du terme. Tremblante, poignante, spasmodique : elle séduit tout autant qu'elle divise voire repousse. C'est du Tom Waits, le papier de verre en moins. Un vecteur idéal pour tous les sentiments des mortes saisons. Face à ce bassin aux eaux stagnantes saupoudrées de feuilles jaunies fraîchement détachées, quelle émotion dans les écouteurs...
A l'entrée de la grotte des Buttes Chaumont avec le jazzy et fragile "Black ribbons" et sa précieuse voix féminine renvoyant la balle à Peter Milton Walsh... Contraste, peut-être, mais accord parfait et belle instrumentation.
"And now the flowers of regret, are suddenly in bloom, my love"
Phrase culte de la chanson-titre : pure réussite musicale et sentimentale.
"Twenty one" : titre hanté par bien des démons (qu'en pense ce délicat dragon du parc ?)... Le sommet mélancolique de cet album, puisque inspiré par le décès du fils de Peter Milton Walsh en 1999. 
"Please, don't say remember"
Pourtant si, sous un october sky pas si différent des "September skies" du disque (la chanson la plus "pop / folk anglaise" genre Echo & the Bunnymen), moi je me souviendrai longtemps de cette promenade romantique. Quant à ce disque, qu'il reste toujours à mon chevet.


Sur la toile :