jeudi 20 janvier 2022
Mistreated : "Première intervention"
vendredi 29 janvier 2021
Vulcain : "Studio albums 1984-2013"
mercredi 23 décembre 2020
lundi 21 décembre 2020
Hitchhike : "Téquila!"
mardi 17 novembre 2020
dimanche 15 novembre 2020
Marienthal : "Prohibition"
lundi 9 novembre 2020
samedi 31 octobre 2020
Psychose : "Ta destruction"
Alors, qu'en est-il de cette bande de copains originaires d'un village de l'Ardèche ? Etaient-ils vraiment si "thrash & speed" que ça ? Ok, un poil de vitesse sur "Enfants martyrs"... Et en ce qui concerne l'aspect thrash, c'est clair qu'ils transcendaient souvent les limites strictes du heavy. Le "drive" d'un Metallica ou d'un Megadeth ("Au nom de dieu le père"), le groove d'un Anthrax et ses chœurs de hooligans ("Seul", "Ta destruction), les riffs tournoyants d'un Coroner ("Le voisin", "Ta destruction"). Egalement, de Metallica, les plages instrumentales lentes avec basse et arpèges (l'intro de "Le voisin", la transition centrale de "Au nom de dieu le père") ; de Megadeth, cette manière, à la "Hangar 18", de placer des micro solos de guitare entre les passages chantés (la fin de "Le voisin"). Mais avec le raisonnable "Horizons limités", on lorgnerait plus vers Maiden (de même que le long passage central instrumental de "Jérémy Clod" emprunte à Steve Harris au moins la structure de ses titres épiques). Au final, inutile de retenir toutes ces références, puisque la meilleure chose que l'on pourrait dire sur Psychose est qu'ils avaient vraiment leur personnalité propre : des riffs intelligents voire étonnants, des refrains modernes et inoubliables ("Seul", "Ta destruction", "Jérémy Clod", "Apartheid", "Enfants martyrs", "Horizons limités"), portés par un chant clair franc et sans fioritures. Ce qui n'empêchera pas le groupe de splitter peu après... Quel gâchis...
Grâce à cette réédition, on peut donc retrouver Psychose dont les membres, comme nous l'explique la bio fournie dans le livret, étaient passés en l'espace de quelques années du statut de grands débutants à un niveau carrément bluffant. L'album "Ta destruction" aurait bien pu se suffire à lui-même vu sa qualité, mais nous avons droit, pour prolonger l'expérience, à quelques bonus tracks : le single "Ni foi ni loi" et la démo "Le combat des chefs" avec le batteur Rémi Allibert au chant (ce qui donne un Psychose un plus roots, voire légèrement punk dans l'esprit) ; la démo "Liberté" marquant l'arrivée du vocaliste Nicolas Fréchet, sur laquelle on entend le groupe évoluer, se positionner (au passage, une version brute de "Jérémy Clod" mais dans laquelle tous les éléments sont bien en place).
jeudi 6 août 2020
Voie de Fait : "Ange ou démon"
Fort de son unique album "Ange ou démon", Voie de Fait n'a donc pas dérogé à certaines règles ancrées dans le hard frenchy de l'époque... Avec d'ailleurs un talent certain.
Il paraît qu'à sa fondation, le groupe était fortement influencé par Ted Nugent. C'est vrai que l'on peut entendre quelques traces de l'écoute prolongée de l'Oncle Ted dans le fameux titre d'ouverture "Pas plus de seize ans", celui-là même que le groupe a interprété fièrement à la télévision française (vidéo disponible sur YouTube). Mais lorsque l'on parcourt cet "Ange ou démon", on peut aussi entendre du jeune Maiden ("Non coupable", et surtout le superbe morceau-titre, avec toute sa théâtralité, sa rupture tragique), du Judas Priest ("Paris Business", "Amnésie" avec son break / solo très caractéristique) et... du Trust. C'est d'autant plus vrai que Voie de Fait produit des textes sociaux assez vindicatifs. Alors, lorsque la musique se fait un peu plus hard rock ("Préjugés", "Images", "Qu'est-ce que je fous là" et son riff / lick lorgnant vers "Antisocial" ou encore "Mr Comédie"), on pense immanquablement à la bande à Bernie et Nono.
Cela n'empêche pas "Ange ou démon" d'être un classique du genre, bien peu ridé pour un disque datant de 1982. D'ailleurs, Voie de Fait sonnera, quoi qu'il arrive, différemment et toujours plus heavy qu'un Trust, notamment du fait de la voix de son chanteur : le sujet qui fâche (ou qui peut fâcher)... A l'époque, pour espérer sonner métal, il fallait un vocaliste puissant et montant aisément dans les aigus. Le moins que l'on puisse dire est que Voie de Fait avait recruté le bon candidat en la personne de Lounas Ourrad ! Cahier des charges presque trop rempli, les performances de Lounas étant quasiment excessives, au point de rendre la diction périlleuse (certains mots, certaines phrases deviennent méconnaissables, ce qui peut plaire à ceux qui n'aiment pas trop les textes en français). Question de goût : on n'aimera ou on rejettera ce timbre très haut perché ; on le trouvera beau ou carrément agaçant... Reste à admettre que, en plus de l'excellent travail des deux guitaristes et de la qualité des compositions, Lounas Ourrad a fortement (et forcément) participé à forger la personnalité de Voie de Fait.
Merci à No Remorse pour cette réédition : le bon son du vieux métal français à portée de toutes les oreilles et toutes les bourses.
lundi 13 juillet 2020
Ponce Pilate : "Les enfants du cimetière"
samedi 30 mai 2020
Highland Queen
Ils ont été très actifs de 1983 à 1985 : nombreux concerts, dont des premières parties prestigieuses (Twisted Sister, Sortilège, Tokyo Blade, Stocks) ; quelques enregistrements (un par an, pour résumer).
Une carrière prometteuse, mais éclair, comme de nombreuses formations françaises de cette époque, oeuvrant dans le même style. Du talent, de la volonté, un concept et une orientation musicale, dans un pays malheureusement pas assez réceptif... Manque de promotion, manque de soutien... On connaît.
Merci donc à No Remorse Records pour cette belle réédition, parue en 2018. Comme d'habitude, le label grec (aidé par Christophe Bailet, grand collectionneur de hard français) a fait un gros travail d'archéologie, de mémoire et de réhabilitation.
Highland Queen, ou comment célébrer ceux qui, d'une certaine manière et bien des années avant, ont ouvert la voie à une formation telle que Blackrain.
Au fil de ce CD compilation, on découvre l'évolution du groupe Lillois : entre le premier 45T encore balbutiant (surtout au niveau du son) de 1983, où les influences Judas Priest et NWOBHM semblent assez évidentes, jusqu'au mini LP très abouti de 1985 dans lequel on sent une orientation plus américaine et plus "festive" (style Van Halen, Mötley Crüe, Twisted Sister ; même si le speedé "Get out" peut aussi faire penser à Accept ou aux titres rapides du Priest). Entre ces deux jalons, on a droit à la démo convaincante de 1984, à l'approche forcément "transitionnelle" ou encore préparatoire. Par contre, "Live wire" (reprise de Mötley Crüe) et "Highway to the top", enregistrés live à Wattrelos en 1985, ne font hélas pas partie de la liste, alors qu'ils apparaissaient sur une précédente réédition (qui ne comportait pas la démo de 1984...).
Malgré ses titres et ses textes en anglais assez "basiques", le mini LP aurait dû être une porte d'entrée vers un succès croissant et d'autres parutions. La musique n'est pas d'une grande originalité, mais tout est calé, pensé, en place. L'interprétation et l'enregistrement sont de qualité professionnelle. Le chanteur, Patrick Zamparini, a trouvé sa voix, délaissant majoritairement le timbre aigu pour aller vers quelque chose de plus "middle", en injectant exactement ce qu'il faut de classe, de fun et d'agressivité.
Le sort, on l'a déjà évoqué, en a décidé autrement, précipitant Highland Queen vers le split abrupt et définitif.
Aujourd'hui, à travers ces enregistrements redevenus disponibles, ils sont en quelque sorte "back from the past", alors profitons-en, aussi bien pour rafraîchir nos souvenirs que pour rattraper notre retard.
mercredi 20 mai 2020
lundi 6 avril 2020
ADX : "Execution"
Empruntant le meilleur d'Iron Maiden, de Judas Priest, ainsi que les travaux récents d'une jeune clique assoiffée d'énergie (Metallica, Exciter...), ADX s'est dévoilé avec une production plus qu'honorable, ainsi qu'une cohérence et une personnalité déjà bien affirmée. Pour mieux la comprendre, petit zoom sur le terme "ADX" qui signifie, en métallurgie, "acier doux" : en somme, l'alliance idéale entre le vrai métal et une certaine subtilité. C'est pourquoi le groupe a offert aux auditeurs de poser des mélodies sur du speed métal (la grosse sensation du moment), forts d'une paire de guitaristes inspirés (Bétov et Marquis), d'un talent certain pour la composition, et d'un chanteur (Phil) à la voix idéalement haut perchée et agressive en même temps. A cela, nous rajouterons cette guillotine, qui deviendra le "Eddie" d'ADX !
"Execution" (l'album) propose un track listing pas très compliqué : 8 titres seulement, délimités astucieusement par deux hymnes speed ("Déesse du crime" en intro, et le bestial "Caligula" - à hurler tous ensemble - en guise de conclusion ; incontournables des concerts du groupe 30 ans plus tard). Tout aussi indispensables, "Prisonnier de la nuit" et "L'étranger" (quels refrains !) s'imposent également, mais dans des formats moins linéaires, moins rapides et plus évolutifs (à ce titre-là, la structure de "L'étranger" est tout simplement remarquable). Pour clôturer la face A, rien de tel qu'un instrumental ("Execution") : pas très facile à retenir, mais construit de manière à évoquer les différentes phases d'une exécution, en employant de nombreux procédés musicaux (tambours militaires, arpèges, riffs, chorus, bruitages...).
Sur la face B, mis à part "Caligula" déjà évoqué ci-dessus, c'est "Prière de Satan" qui attire l'attention, avec une qualité de composition bluffante : l'introduction inquiétante et puissante, le riff principal brillant et moteur, la partie centrale plus apaisée (à la Metallica, lorsqu'ils lèvent le pied), les paroles... C'est du grand ADX... Comparativement, "Le fléau de dieu" et "Vampire" marquent un peu le pas. Moins inventifs que leurs consorts, ils n'en restent pas moins intéressants, d'autant qu'ils laissent assez bien apparaître l'influence Maiden : plutôt épique période "Piece of mind", avec de nombreux breaks et chorus, pour "Le fléau de dieu" ; plutôt dans l'esprit "2 minutes to midnight" (un poil plus rapide) pour "Vampire".
Excellent disque : l'une des pierres angulaires du métal français...
samedi 18 janvier 2020
Presumption
dimanche 8 décembre 2019
Doom or be doomed : a french tribute to Cathedral
Doomsters convaincus, ou simples amateurs de heavy, on a presque tous dans le cœur un morceau, un album, un visuel de Cathedral... Sans compter cette piqûre d'épine mal cicatrisée qui a découlé de l'arrêt des activités du groupe...
Cathedral : le groupe qui a ouvert le doom vers d'autres horizons, beaucoup plus mortifères et torturés que ce que proposaient les classiques Black Sabbath, Saint Vitus, Candlemass...
Une influence tellement forte qu'en 2019, douze groupes français reprennent douze titres du maître, pour un hommage en forme de messe noire inespérée.
Certes, la répartition est un peu bancale (*), mais elle vient des tripes : "Forest of equilibrium" se taille logiquement la part du lion (le disque parfait, l'inoubliable baffe), "The ethereal mirror" le suit (d'assez loin), et certains albums ne sont pas représentés du tout (il paraît que Lee Dorrian, consulté sur le projet, a légèrement tiqué en constatant qu'aucune chanson du légendaire "The carnival bizarre" n'avait été choisie).
Mais ne crachons dans la soupe, d'autant que celle-ci est vraiment fameuse. D'ailleurs, c'est bien simple : aucune des reprises ici présentes n'est ratée !
On peut, par contre, les catégoriser, histoire d'y voir plus clair dans les méandres de ce double album.
Il y a celles que l'on qualifiera de "respectueuses de l'original" : au hasard, "Mourning of a new day" (reprise par Pillars, en configuration live dans le studio), "Ebony tears" (par Goat River), "Equilibrium" (par Presumption : pas de modification mais une interprétation impériale), "Voodoo fire" (par Northwinds, qui a bien gardé l'esprit vaudou du morceau, modifiant juste le sample de film d'horreur servant de transition centrale), "Congregation of sorcerers" (par Father Merrin, à qui cette compo bien lourde va comme un gant).
On entre ensuite dans le registre des modifications.
Misanthrope a traduit le texte de "Soul sacrifice" en français ("Le sacrifice de l'âme") et a achevé de s'approprier la chanson, l'emmenant, pourtant sans mutation structurelle, se balader à la frontière des territoires thrash, grâce à leur son typique et très heavy.
Autre remarquable traduction dans la langue de Molière, celle de Barabbas, pour qui "Ride" est devenu "La cathédrale de la sainte rédemption". Non contents de la faire entrer dans leur univers, ils ont aussi revu son organisation, notamment en ce qui concerne les premières mesures. Chez Dionysiaque, c'est la fin de "This body, thy tomb" qui a été retravaillée, en format beaucoup plus court et speed que l'originale (au passage, excellente idée de se replonger dans le "testament" de Cathedral, puisque tout dernier titre de son tout dernier album). Après l' accélération, place au ralentissement : Conviction reprend le haut en couleurs "Stained glass horizon" en diminuant drastiquement le BPM, et la chanson pénètre dans une autre dimension, gagnant au passage une majesté insoupçonnée.
On passe maintenant aux arrangements. Ceux de Lux Incerta, dont les claviers, parfois discrets, parfois héroïques, apportent une valeur ajoutée au toujours très doom "Serpent eve". Encore plus loin, les doomsters modernes de Monolithe propulsent "Enter the worms" dans l'espace ("Enter the worm(hole)s"), à coups de nappes synthétiques somptueuses et en lui conférant un groove et une dynamique absolument imparables.
On garde bien sûr le meilleur pour la fin... C'est le travail d'Ataraxie, qui s'est attaqué au monumental "Reaching happiness, touching pain" en remplaçant la flûte traversière originelle par un saxophone free jazz, pour un résultat respectueux et époustouflant à la fois...
Bravo !
- The ethereal mirror : "Ride", "Enter the worms"
- Statik majik EP / Cosmic requiem EP
- The carnival bizarre
- Supernatural birth machine : "Stained glass horizon"
- Caravan beyond redemption : "Voodoo fire"
- Endtyme
- The VIIth coming : "Congregation of sorcerers"
- The garden of unearthly delights
- The guessing game
- The last spire : "This body, thy tomb"
jeudi 24 octobre 2019
Venin : "La morsure du temps"
dimanche 20 octobre 2019
Vulcain : "Compilaction"
dimanche 5 mai 2019
Désillusion : "Metal influences" in Rock Hard
mardi 12 mars 2019
Désillusion : "Metal influences"
jeudi 12 juillet 2018
Little Bob Story : High times 76 - 88
Le perfecto rouge de la pochette ne laisse aucun doute sur les intentions de Bob : c'est le rock n' roll brûlant qui l'anime, et nous mène jusqu'à cette compilation indispensable et bienvenue. Car Bob, a plus de 70 ans, est devenu une légende qui donne même des concerts dans la cour des ministères, mais dont le catalogue n'est même pas réédité à ce jour (ou si peu). En fait, la France est juste en train de s'apercevoir qu'elle abrite un rockeur phénoménal en son sein, un type à la voix d'or légèrement éraillée, qui n'a jamais fait la moindre compromission et s'est contenté d'un succès d'estime toute sa vie. L'intégrité quoi, la vraie...
Deux cd et un dvd composent ce "High times 76 - 88". Chaque amateur de rock y trouvera son compte : séance massive de rattrapage, moyen de réécouter enfin les morceaux perdus sur des vieux vinyles gondolés voire égarés, chasse aux inédits (la reprise de "Sex machine", la démo de "You've lost that loving feeling", les morceaux live à la Cigale) ou même aux anecdotes (le rockumentaire "Rocking class hero", dans lequel Bob se livre avec humilité).
21 titres s'étalent sur le premier CD, consacré au travail en studio. Le gap est vraiment intéressant entre "High time", pub rock nerveux à la Dr. Feelgood, et un "Ringolevio" aux tonalités plus modernes, plus sombres, plus heavy. Entre les deux, il y a le menaçant "Riot in Toulouse", mais aussi une face bluesy et sentimentale avec "Light of my town", dont l'harmonica nous invite à arpenter les quais brumeux du Havre la nuit. Un petit détour aussi par "Too young to love me", l'une des chansons de Little Bob les plus diffusées à l'époque.
On retrouvera "High time", "Riot in Toulouse" et "Light of my town" sur le deuxième CD, qui compile le meilleur du groupe sur scène, son véritable terrain de jeu. C'est forcément un disque torride que l'on a dans les mains : même "Moving slowly in the dark", très "crooner" dans l'âme, ne déroge pas à cette règle. Beaucoup de reprises : "Lucille", "Dancing in the street", "Bring it on home to me", "Kick out the jams", "I fought the law", qui en disent long sur l'ADN du groupe. Avec celle de "Seaside bar song", on réalise que Bob est un peu notre Bruce Springsteen à nous, chantant la vie quotidienne des gens, l'amour, l'espoir, les galères...
Longue vie à toi Bob, et merci pour cet inestimable héritage musical.
































