lundi 19 octobre 2020

Throne of Iron : "Adventure one"

Le label No Remorse Records ne se cantonne pas à rééditer des chefs d'oeuvre rares et / ou oubliés du métal. Ils ont aussi leur propre écurie : par exemple, Throne of Iron, groupe originaire de l'Indiana, qui a sorti son "Adventure one" (premier album, forcément) en 2020.
Cet album de heavy métal épique, très inspiré par l'univers des jeux de rôles, plairait beaucoup à Fenriz (Darkthrone), tellement le son est naturel, pas compressé du tout (ou du moins très peu).
Après une courte narration, "A call to adventure" (le premier titre) débute pour de vrai par un beau riff solennel à la "Electric eye" (Judas Priest). Par la suite, au fur et à mesure des chansons, c'est davantage vers l'influence de groupes plus "confidentiels" (Manilla Road, Cirith Ungol...) que Throne of Iron semble s'être dirigé. A certains moments, lorsque les riffs se font plus linéaires ("Fourth battle of the ash plains"), on peut aussi penser à la musique très envoûtante d'un While Heaven Wept.
Si l'on s'éloigne rapidement de la sphère Judas Priest, c'est aussi parce que le chanteur / guitariste Tucker Thomasson est loin d'être un ténor du genre. Sa voix assez "limitée" (désolé...) est nimbée d'une reverb hall, souvent doublée, et mixée un peu en retrait, ce qui donne un côté incantatoire et très "dark" à la musique (on pense parfois à un vocaliste de black métal qui chanterait des passages en son clair). Curieusement, ce léger handicap confère à Throne of Iron un charme indéfinissable, mais certain. D'ailleurs, c'est lorsque le chant est proche de la sortie de route que la magie opère particulièrement bien : le refrain de "A call to adventure", le long et contrasté "Past the doors of death" (intro en arpèges classiques à la Bathory, belles harmonies tout du long), les couplets de "Allure of silver" (refrain très réussi)... 
On traverse les sept chansons comme une lettre à la poste, pour parvenir à "Wish", délicate et dépouillée outro instrumentale, qui évoque comme un travelling sur un champ de bataille déserté après les combats. Bon, les morceaux se ressemblent tous plus ou moins : il va falloir plusieurs écoutes pour bien les appréhender... Mais ce que l'on ressent tout de suite, c'est cette vibe old school qui fait vraiment du bien aux oreilles.





dimanche 11 octobre 2020

Hölöcäust : "Heavy metal mania - The singles"

Idée géniale : une compilation regroupant 4 maxi singles d'Holocaust (ou encore "Hölöcäust", pour reprendre ce clin d'oeil triomphant à Motörhead).
Holocaust est une légende, un groupe culte... Pour avoir publié du métal dès 1980, ils font partie de la très enviée NWOBHM (ils sont d'Edimbourg, capitale de l'Ecosse). Rappelez-vous de "The nightcomers" le premier album de 1981... Eh bien, deux EPs l'ont précédé ("Heavy metal mania" et "Smokin' valves"), un autre est sorti dans la foulée ("Live from the raw loud 'n' live tour"), et un quatrième l'année suivante ("Coming through"). Avec, à chaque fois, trois voire quatre titres, c'est tout ce matériel devenu rare que l'on retrouve ici.
Heureux possesseurs de "The nightcomers", rassurez-vous : cette compilation fait très rarement double emploi avec cet album fétiche. En fait, il n'y a guère que 3 titres en commun ; et encore, l'hymne "Heavy metal mania" est ici fourni dans sa version courte (sans le dialogue de guitares qui l'introduit longuement sur l'album), et "Death or glory" est en prise live de malade.
Pour le reste, on retrouve tout le charme très particulier de ce groupe, qui a su créer un pont entre le côté très carré du heavy et une approche primitive, simple et rock n' roll de la musique. Le chanteur, Gary Lettice, avec sa voix gouailleuse légèrement approximative, y est pour beaucoup dans l'empreinte un peu punk que laisse dans les oreilles l'écoute d'Holocaust (serait-ce le Johnny Rotten du heavy métal ?). En même temps, il y a deux guitaristes (sauf sur l'EP "Coming through") qui ne se privent pas de jouer, de temps à autres, au jeu des twin guitars (toutes proportions gardées : on n'est pas non plus chez Thin Lizzy).
Les chansons défilent, et c'est vrai que si l'on excepte "Heavy metal mania", il faudra plusieurs écoutes pour les apprivoiser : le groupe fournit du matériel assez urgent et n'est pas non plus le spécialiste du riff super original ou du refrain ciselé... On retient quand même très vite le simplissime "Love's power", les refrains de "Only as young as you feel", "Friend of foe" (belle intro), "Coming through" (un vrai bolide), "Don't wanna be a loser", "Good thing going". Quant aux titres en concert du EP "Live from the raw loud 'n' live tour", ils sont néandertaliens et sans pitié (des vrais "Raw power" du heavy) !
Pour finir, le livret est bien alimenté en informations, dates, textes des chansons, documents d'époque... Une fois de plus, les gars de No Remorse Records sont les princes des archivistes du métal, pour notre plus grand bonheur.



mardi 22 septembre 2020

dimanche 13 septembre 2020

Archives Mayhem : "Extrême onction" (in Hard Rock Magazine - septembre 97)

Juste avant la sortie du EP "Wolf's lair abyss", Mayhem opère son grand retour aux affaires musicales. Une interview culte de Hellhammer (batteur)  parue dans Hard Rock Magazine - Spécial métal extrême (septembre 1997).







lundi 7 septembre 2020

Mayhem : "Wolf's lair abyss"

Où étiez-vous en 1997 ?
Certainement à mille lieues de vous imaginer que Mayhem allait sortir de sa tanière et donner à sa légende une dimension plus strictement musicale. 
La légende ? En voici quelques morceaux choisis : les incendies d'églises, le chanteur Dead suicidé (1991), le guitariste Euronymous assassiné (1993) ; le "Live in Leipzig" avec Dead au chant publié en 1993 ; le fameux album "De mysteriis dom sathanas", dont la composition avait démarré en 1987, et qui fut enregistré entre 1992 et 1993 avec un chanteur de session (Attila), un nouveau bassiste (Varg Vikernes, futur assassin d'Euronymous), et un pote (Blackthorn) chargé de terminer certains textes incomplets de Dead. 
"De mysteriis dom sathanas" sort finalement en 1994, et beaucoup le considèrent non seulement comme un chef d'oeuvre, mais aussi comme un album posthume, ce qui est faux puisque, aux dires du batteur Hellhammer, Mayhem n'a jamais splitté. Il a juste opté pour la discrétion, disparu des écrans radar pour mieux se reconstruire autour du chanteur Maniac (déjà présent sur le EP "Deathcrush" de 1987), du batteur Hellhammer ("Live in Leipzig", "De mysteriis dom sathanas"), du bassiste Necrobutcher ("Live in Leipzig") et d'un nouveau guitariste / compositeur (Blasphemer). 
Au travail depuis au moins deux ans, ce line up publie donc "Wolf's lair abyss" le 3 novembre 1997, un EP qui constitue en fait la première partie du futur album "Grand declaration of war" (en ouverture de celui-ci, on peut d'ailleurs entendre le riff final de "Symbols of bloodswords"). Habilement, le groupe a choisi des compositions radicales, ce qui confère à 
"Wolf's lair abyss" une aura extrême qui va rassurer et fédérer les fans : Mayhem est donc toujours une machine de guerre dévouée à la cause du black métal... Ce qui n'empêche pas les chansons, pourtant fort virulentes, d'être habilement construites, avec de vrais riffs ("I am thy labyrinth", "Ancient skin"...) et des moments forts (le fameux pont du titre "Ancient skin", les arpèges inquiétants de "Fall of seraphs" et de "Symbols of bloodswords" )... 
Ce qui n'empêche pas non plus quelques expérimentations. Déjà, le chant guttural de Maniac produit un borborygme assez hallucinant (une sorte de John Tardy du black métal), mais le frontman (Maniac saura démontrer en concert qu'il en est un) sait aussi se transformer en maître de cérémonie malsain, proposant des courts épisodes de voix claires solennelles ("I am thy labyrinth", "Fall of seraphs", "Symbols of bloodswords") ou de narration très inquiétante ("Ancient skin", pour lequel on préférera d'ailleurs la version différente, plus brute, proposée en bonus et originellement enregistrée en amont pour une compilation).
Autre facteur expérimental, qui n'aura échappé à personne, l'intro instrumentale, électronique et bruitiste, baptisée "The vortex void of inhumanity". 
Du black métal, certes, mais très habile et déjà en pleine mutation.