lundi 18 avril 2016
Almanac "Tsar" : review
Victor Smolski, l'ex-guitariste de Rage, est devenu capitaine et il commande un vaisseau musical tout neuf baptisé Almanac. Première escale : "Tsar", un album long métrage fraîchement publié en mars 2016.
Sept membres à bord (dont 3 chanteurs), la participation de l’orchestre philharmonique de Barcelone et d'un chœur classique Biélorusse, au moins 3 studios différents utilisés en Allemagne (un pour la batterie, un pour la basse, un pour la guitare et les vocaux) : les chiffres (et encore j'ai simplifié) donnent le tournis.
On aurait donc pu croire que ce "Tsar" allait proposer une musique en forme de surenchère néo-classique (façon Rhapsody of Fire, par exemple). Or, à la fin de la première écoute, c'est un peu l'étonnement : ce disque est certes très ambitieux, mais le maître mot qui s'en dégage c'est surtout "heavy". De l'aveu même de Victor, dans le dvd bonus qui accompagne l'édition de "Tsar", l'objectif numéro un était surtout de produire un album de métal. C'est donc à dessein que l'accordage des guitares a été descendu d'un ton afin de les rendre plus épaisses, plus présentes. Des guitares qui sont d'ailleurs un véritable feu d'artifice. On s'était déjà aperçu, pendant son séjour dans Rage, que Victor Smolski était un virtuose. Impression confirmée ici !
Quant aux orchestrations, elles sonnent davantage épiques que baroques. Le maître d'Almanac n'est pas un transalpin : il est russe et ça s'entend. L'orchestre philharmonique est au service de la puissance que doit dégager la musique, comme en témoigne par exemple les premières mesures du tube "Self-blinded eyes". Bref, métal et classique font bon ménage, la deuxième facette ne prenant pas le pas sur la première et s'imbriquant parfaitement.
Après un "Tsar" introductif, réussi mais assez prévisible pour le style métal symphonique pratiqué ici, les morceaux défilent et offrent une grande variété d'émotions, ainsi qu'un travail assez colossal sur les mélodies.
Des thèmes musicaux grandioses sont au programme de "Self-blinded eyes", ou encore "Children of the future". "Hands are tied" est très puissant et thrashisant, un peu au détriment de sa beauté d'ailleurs. Puis, "No more shadows", après une introduction atmosphérique et une montée en puissance à tiroirs, débouche sur un refrain scandé tout ce qu'il y a de plus heavy, qui ramène aux grandes heures de la période Rage. S'ensuit "Nevermore", un titre inattendu et moderne dont les riffs font un peu penser à la période gothique de Rotting Christ (époque "Sleep of the angels" / "Khronos") ou encore à certaines atmosphères développées chez Moonspell. Innovante autant qu'émouvante, la power ballade "Reign of madness" est une respiration bien pensée avant d'aborder le très orchestral "Flame of fate" dont le refrain constitue la conclusion idéale à cette grande fresque sur le tsarisme.
Vivement la suite !
mercredi 13 avril 2016
Ma chronique de '77 "Nothing's gonna stop us" publiée dans Rock Hard !
Dans le courrier des lecteurs du n°163 de Rock Hard, quelle surprise : ma lettre-chronique du dernier album de '77 !
Elle est signée de mon pseudo YouTube : Chris Dava.
Merci les gars !
Hail '77 !
Elle est signée de mon pseudo YouTube : Chris Dava.
Merci les gars !
Hail '77 !
jeudi 25 février 2016
Best of : doom metal albums (winter 2015)
1- With the dead
Le plus culte, ne serait-ce que par le personnel hautement qualifié qui compose ce groupe, sans oublier la qualité et la pesanteur du matériel proposé. Certains morceaux font déjà date.
2- Witchsorrow : "No light, only fire"
Le plus "true doom". Proche du "Crush the insects" de Reverend Bizarre...
3- The Bottle Doom Lazy Band : "Lost n' drunk"
Le plus incantatoire et le plus "live". Cette musique suit les mélopées menaçantes et étranges de son chanteur-grizzly, sorte de Ian Curtis du doom metal. Une certaine dimension folklorique avec l'ajout d'instruments traditionnels comme la cornemuse. No overdubs : on sent que le groupe joue ensemble et mène chaque morceau de A à Z, quoiqu'il arrive...
4- Caronte : "Ascension"
Le plus chamanique, comme si le doom metal s'invitait dans certaines peuplades primitives.... Le résultat est à la hauteur : original, noir, inquiétant, tribal. A noter : cet album est paru en 2012 (mais je l'ai acheté en soldes récemment).
5- Conan : "Revengeance"
Le plus barbare, avec un son méchamment fuzzy. Tout ceux qui ont aimé la lourdeur de l'album précédant ("Blood eagle") apprécieront celui-ci.
6- Monolithe : "Epsilon Aurigae"
Le plus moderne et le plus progressif.
7- Mammoth Storm : "Fornjot"
Le plus psychédélique et envoûtant, basé (d'ailleurs un peu trop) sur la répétition des riffs et des structures. Superbe pochette !
samedi 20 février 2016
The Apartments : la pochette de "The evening visits..." à New York
La pochette de "The evening visits..." n'est, comme l'écrit Stephen Schayer dans les notes de l'expanded edition, vraiment pas rock n' roll...
J'aimerais savoir combien de personnes ont succombé au charme fou de cette photographie impersonnelle et énigmatique ?
Lorsque je l'ai découverte, la chronique - hésitante - disait qu'il devait s'agir d'une quelconque friche industrielle. C'était l'époque de Thatcher : mon esprit s'est tout de suite évadé vers des villes minières d'Angleterre... Après tout, pourquoi pas ? Le propre de cette image étant bien de faire décoller l'imagination, comme paradoxalement face à tout horizon obstrué.
Le plus étrange, c'est qu'après avoir visionné le film de David Lynch, je me suis laissé aller à imaginer qu'il pouvait aussi bien s'agir de la vue qu'avait Elephant Man depuis sa petite chambre isolée sous les toits du vieil hôpital de Londres... Un monceau de tristesse.
Mais revenons à l'essai de Stephen Schayer (ex The Chills). Celui-ci évoque son expérience vécue au magasin Vinyl Fetish (Hollywood) où il travaillait dans les années 80. L'essentiel de son travail consistait à faire l'inventaire et le rangement dans l'ordre alphabétique des pochettes (qui étaient séparées des vinyles, soigneusement stockés derrière le comptoir).
Il commence par la lettre A et tombe en arrêt devant celle de "The evening visits...".
"La pochette, toute en nuances de marron et de doré, représentait un château d'eau et une étendue dépressive de toits dans quelque ville désertique. Mais il s'agit surtout d'une photographie sombre, prise un jour d'automne particulier, à une heure proche du coucher du soleil."
Puis, toujours dans le livret de l'expanded edition, voilà ce qu'écrit Peter Milton Walsh himself.
"La pochette de "The evening visits..." représente la ville. Je l'ai prise tard un soir, du toit de l'immeuble abritant le premier appartement dans lequel j'ai vécu, à New York. Je regardais dans la direction de l'East River et je voyais des toits, un château d'eau et le clocher de l'église St Ann. L'endroit où j'habitais était un sous-sol impropre à la location dans le quartier de Gramercy Park, sous le restaurant Joe Junior, à l'angle de la 16ème rue et de la 3ème Avenue. Cet espace était uniquement voué à entreposer la collection de disques d'un type, puis quelqu'un l'a transformé pour le rendre habitable. J'avais l'impression qu'il s'agissait d'un donjon ou encore d'un bateau, avec ces tuyaux de chauffage qui couraient au plafond et produisaient des cliquetis et des tic tac comme des horloges. Je me souviens des lampes, des poutrelles d'acier, des murs en préfabriqué et du sol en béton."
Une sacré impression d'étouffement, qui explique le besoin du chanteur-compositeur-fondateur de The Apartments d'aller prendre l'air sur le toit...
J'aimerais savoir combien de personnes ont succombé au charme fou de cette photographie impersonnelle et énigmatique ?
Lorsque je l'ai découverte, la chronique - hésitante - disait qu'il devait s'agir d'une quelconque friche industrielle. C'était l'époque de Thatcher : mon esprit s'est tout de suite évadé vers des villes minières d'Angleterre... Après tout, pourquoi pas ? Le propre de cette image étant bien de faire décoller l'imagination, comme paradoxalement face à tout horizon obstrué.
Le plus étrange, c'est qu'après avoir visionné le film de David Lynch, je me suis laissé aller à imaginer qu'il pouvait aussi bien s'agir de la vue qu'avait Elephant Man depuis sa petite chambre isolée sous les toits du vieil hôpital de Londres... Un monceau de tristesse.
Mais revenons à l'essai de Stephen Schayer (ex The Chills). Celui-ci évoque son expérience vécue au magasin Vinyl Fetish (Hollywood) où il travaillait dans les années 80. L'essentiel de son travail consistait à faire l'inventaire et le rangement dans l'ordre alphabétique des pochettes (qui étaient séparées des vinyles, soigneusement stockés derrière le comptoir).
Il commence par la lettre A et tombe en arrêt devant celle de "The evening visits...".
"La pochette, toute en nuances de marron et de doré, représentait un château d'eau et une étendue dépressive de toits dans quelque ville désertique. Mais il s'agit surtout d'une photographie sombre, prise un jour d'automne particulier, à une heure proche du coucher du soleil."
Puis, toujours dans le livret de l'expanded edition, voilà ce qu'écrit Peter Milton Walsh himself.
"La pochette de "The evening visits..." représente la ville. Je l'ai prise tard un soir, du toit de l'immeuble abritant le premier appartement dans lequel j'ai vécu, à New York. Je regardais dans la direction de l'East River et je voyais des toits, un château d'eau et le clocher de l'église St Ann. L'endroit où j'habitais était un sous-sol impropre à la location dans le quartier de Gramercy Park, sous le restaurant Joe Junior, à l'angle de la 16ème rue et de la 3ème Avenue. Cet espace était uniquement voué à entreposer la collection de disques d'un type, puis quelqu'un l'a transformé pour le rendre habitable. J'avais l'impression qu'il s'agissait d'un donjon ou encore d'un bateau, avec ces tuyaux de chauffage qui couraient au plafond et produisaient des cliquetis et des tic tac comme des horloges. Je me souviens des lampes, des poutrelles d'acier, des murs en préfabriqué et du sol en béton."
Une sacré impression d'étouffement, qui explique le besoin du chanteur-compositeur-fondateur de The Apartments d'aller prendre l'air sur le toit...
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| Le restaurant Joe Junior... |
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| New York : à l'angle de la 3ème Avenue et de la 16ème rue... |
mercredi 17 février 2016
My 10 best albums in 2015 !
1- Motörhead : "Bad magic"
Déjà culte, pour une raison que nous connaissons tous, mais aussi parce qu'il s'agit avant tout d'un bon album, fonceur et direct mais pas uniquement... Noir, orné d'une médaille décernée pour quarante ans (XXXX) de service sur la ligne de front du rock n' roll, le testament de Motörhead n'a pas fini de résonner ni d'hanter les rétrospectives.
2- The Apartments : "No song no spell no madrigal"
Superbe album introspectif, délicat, émotionnel, grinçant parfois... Tout comme sa pochette qui hésite entre lumière et brouillard. Peut-être l'un des disques de ma vie, ni plus ni moins.
3- Slayer : "Repentless"
Lemmy est mort et Motörhead aussi. Jeff Hanneman est mort, mais Slayer est toujours là, signant avec "Repentless" un album traditionnel, vicieux et inventif (la géniale pseudo ballade "When the stillness comes"). Et cerise de Groupama, une dernière compo bien nerveuse du grand Jeff : "Piano wires".
4- Luca Turilli's Rhapsody : "Prometheus"
Un disque déraisonnable, mélangeant instrumentation classique, électrique et électronique, dans un véritable déluge d'arrangements. Le chanteur est sublime de puissance et de lyrisme, servant à la perfection des compositions ambitieuses, gorgées de trouvailles et de grandes émotions. Un travail colossal.
5- With the dead
Le retour de Lee Dorian au chant, accompagné de la section rythmique originelle d'Electric Wizard, Mark Greening et Tim Bagshaw (également fondateurs du groupe de sludge/doom Ramesses). Un CV en or massif pour un album en plomb, ultra heavy et suintant.
6- '77 : "Nothing's gonna stop us"
Un très bon cru de hard rock binaire, avec des chansons bien taillées, un son toujours vintage et même des velléités d'évolution (des détours du côté de Thin Lizzy ou de Kiss sont à signaler). On peut savourer ce "Nothing's gonna stop us" aussi longuement que longtemps, tant les riffs et les refrains font mouche. Quant au titre de cet opus, peut-être fait-il allusion à la presse musicale qui, à tort, semble tout à fait réfractaire au talent de '77...
7- W.A.S.P : "Golgotha"
J'ignorais que j'étais fan de W.A.S.P avant d'écouter ce disque de heavy rock rutilant et hyper bien interprété. Une production exemplaire et des chansons qui s'insinuent peu à peu jusqu'à devenir des évidences rares. Véritable maître de cérémonie, Blackie Lawless s'érige en compositeur et chanteur hors pair.
8- Europe : "War of kings"
Un album Zeppelinien qui transcende les racines de Europe sans les trahir, mettant en scène un guitariste au sommet de son art et un chanteur lumineux, plein de feeling. Certaines compositions sont déjà des classiques : "War of kings", "Days of rock n' roll", "Hole in my pocket"...
9- Satan : "Atom by atom"
Le choc face à l'approche originale de ce vieux groupe anglais, revenu d'outre tombe. Honnêtement, je n'avais pas entendu un heavy metal aussi particulier depuis les albums solo de King Diamond ! Mention spéciale aux compositions, bien sûr, mais aussi au chanteur ainsi qu'à la paire de guitaristes (des virtuoses dans leur genre et des experts du riffing).
10- Marduk : "Frontschwein"
La grande force de Marduk, c'est de produire une musique aussi évocatrice et intense avec une formation aussi restreinte (une guitare, une basse, une batterie, un chanteur). La grande force de Marduk, c'est son érudition. La grande force de Marduk, c'est de savoir varier les plaisirs (agression, pesanteur, vitesse, minimalisme...). La grande force de Marduk, pour moi, c'est de sonner avant tout comme un groupe de rock et de faire oublier qu'ils jouent du black metal (tout en étant des pointures dans ce style).
Superbe album introspectif, délicat, émotionnel, grinçant parfois... Tout comme sa pochette qui hésite entre lumière et brouillard. Peut-être l'un des disques de ma vie, ni plus ni moins.
3- Slayer : "Repentless"
Lemmy est mort et Motörhead aussi. Jeff Hanneman est mort, mais Slayer est toujours là, signant avec "Repentless" un album traditionnel, vicieux et inventif (la géniale pseudo ballade "When the stillness comes"). Et cerise de Groupama, une dernière compo bien nerveuse du grand Jeff : "Piano wires".
4- Luca Turilli's Rhapsody : "Prometheus"
Un disque déraisonnable, mélangeant instrumentation classique, électrique et électronique, dans un véritable déluge d'arrangements. Le chanteur est sublime de puissance et de lyrisme, servant à la perfection des compositions ambitieuses, gorgées de trouvailles et de grandes émotions. Un travail colossal.
5- With the dead
Le retour de Lee Dorian au chant, accompagné de la section rythmique originelle d'Electric Wizard, Mark Greening et Tim Bagshaw (également fondateurs du groupe de sludge/doom Ramesses). Un CV en or massif pour un album en plomb, ultra heavy et suintant.
6- '77 : "Nothing's gonna stop us"
Un très bon cru de hard rock binaire, avec des chansons bien taillées, un son toujours vintage et même des velléités d'évolution (des détours du côté de Thin Lizzy ou de Kiss sont à signaler). On peut savourer ce "Nothing's gonna stop us" aussi longuement que longtemps, tant les riffs et les refrains font mouche. Quant au titre de cet opus, peut-être fait-il allusion à la presse musicale qui, à tort, semble tout à fait réfractaire au talent de '77...
7- W.A.S.P : "Golgotha"
J'ignorais que j'étais fan de W.A.S.P avant d'écouter ce disque de heavy rock rutilant et hyper bien interprété. Une production exemplaire et des chansons qui s'insinuent peu à peu jusqu'à devenir des évidences rares. Véritable maître de cérémonie, Blackie Lawless s'érige en compositeur et chanteur hors pair.
8- Europe : "War of kings"
Un album Zeppelinien qui transcende les racines de Europe sans les trahir, mettant en scène un guitariste au sommet de son art et un chanteur lumineux, plein de feeling. Certaines compositions sont déjà des classiques : "War of kings", "Days of rock n' roll", "Hole in my pocket"...
9- Satan : "Atom by atom"
Le choc face à l'approche originale de ce vieux groupe anglais, revenu d'outre tombe. Honnêtement, je n'avais pas entendu un heavy metal aussi particulier depuis les albums solo de King Diamond ! Mention spéciale aux compositions, bien sûr, mais aussi au chanteur ainsi qu'à la paire de guitaristes (des virtuoses dans leur genre et des experts du riffing).
10- Marduk : "Frontschwein"
La grande force de Marduk, c'est de produire une musique aussi évocatrice et intense avec une formation aussi restreinte (une guitare, une basse, une batterie, un chanteur). La grande force de Marduk, c'est son érudition. La grande force de Marduk, c'est de savoir varier les plaisirs (agression, pesanteur, vitesse, minimalisme...). La grande force de Marduk, pour moi, c'est de sonner avant tout comme un groupe de rock et de faire oublier qu'ils jouent du black metal (tout en étant des pointures dans ce style).
samedi 23 janvier 2016
'77 (Seventy Seven) : "Nothing's gonna stop us" review
Je voudrais envoyer cette chronique au mensuel Rock Hard, qui m'a bien mis l'eau à la bouche en plaçant '77 sur son sampler de novembre 2015, mais n'a pas publié de chronique pour "Nothing's gonna stop us", le dernier opus en date...
Oui mais voilà : ils sont toujours là ! Alors, bien sûr, l'héritage d'AC/DC est encore bien présent dans le propos de '77, mais déjà le groupe a su peu à peu convaincre de sa réelle capacité à composer et à envoyer des riffs dans cet esprit-là (impression pas désagréable d'écouter des inédits de la bande à Angus : le réalisme est saisissant !). Au fil des albums, les phrases musicales s'étoffent, gagnent en maturité, en variété, en audace, et nous voilà donc sur le point de glisser ce "Nothing's gonna stop us" tout neuf dans la platine...
Dès le premier titre, l'hymne festif "It's alright", on entend bien que l'influence des antipodes n'a pas disparu du tout. C'est simple (voire simpliste), ça s'absorbe immédiatement : pas de révolution musicale pour l'instant. Avec "Tonight", la paire de gratteux pond un vrai bon riff (dont la dynamique pourrait renvoyer à une sorte de "Back in black" up tempo). Un bel effort musical, complété par un break efficace qui va casser des nuques en concert. Bref, ce "Tonight", au titre pas original pour un sou, est très plaisant(mais toujours sous la même perfusion qu'avant).
Avec le délicat "Come & join us", la perspective change. Au-delà de la complémentarité idéale entre le son de la Gretsch et celui de la Gibson SG (très bien exploitée sur ce titre), ce sont surtout les lignes vocales qui font vivre cette chanson. C'est particulièrement mélodique : voilà un peu de nouveauté ! Sur "Street dogs", même orientation, avec une progression d'accords élaborée (baroque, voire très légèrement néo-classique dans son approche, tout en restant typiquement binaire). Surprenant à la première écoute, mais diablement entraînant. Finalement, le sommet de ce lyrisme nouveau sera atteint un peu plus tard sur "No one like you", un titre radiophonique que l'on pourrait presque qualifier de pop song passée à la moulinette hard rock. Pour tout dire, la voix d'Armand Valeta s'en retrouve modifiée et quasi méconnaissable par moments : on sent beaucoup d'application, mais l'ensemble sonne de façon assez maladroite. '77 a-t-il voulu faire un clin d’œil à Poison ? Au hard FM ou à Kiss ? Mystère.
Il est par contre une influence nouvelle qui ne fait aucun doute : c'est celle de Thin Lizzy. Sur "Nothing's gonna stop us" et sur "Still waiting" (avec sa drôle de batterie funky en intro), il est clair que les frères Valeta ont ressorti leurs vinyles de Phil Lynott. Quelques guitares jumelles, mais surtout les enchaînements d'accords enrichis, emblématiques du groupe irlandais, sont au programme de ces deux chansons. Sur le morceau-titre, c'est particulièrement réussi. Dommage que cela soit à la mode ces temps-ci (cf. Black Star Riders, Dead Lord, Audrey Horne, Black Trip), car cela n'empêchera pas les ronchons de continuer à taxer '77 d'opportunisme...
A ce stade, les fans et amis de la première heure se demanderont peut-être ce qu'il en est des autres compositions présentes sur cette galette ? Eh bien, qu'ils se rassurent : mis à part le boogie "We want more rock n' roll" qui lorgne agréablement du côté de Rose Tattoo (période "Nice boys"), c'est toujours AC/DC qui est en ligne de mire. Mais, là encore, petite nouveauté : après avoir longtemps stationné du côté de "High Voltage" et de "Powerage", c'est vers une période plus récente que '77 semble avoir posé son vaisseau (et ce n'est pas la pochette, dont l'illustration rappelle les graphismes de "Black ice", qui dira le contraire). Toujours est-il que les riffs en arpèges de "GMDF" ont des airs de "Hard as a rock", le très efficace "Tightrope" pourra être considéré comme le "Beating around the bush" du groupe, tandis que "She makes me" (dynamique et doté d'un bon refrain) cousine de temps à autres avec "Shot down in flames". Aucun clonage avéré en ce qui concerne "Too young to die" (quelques mesures d'intro dans l'esprit de "For those about to rock") : bonne structure et phases variées, du riff calme au franchement martelé, pour un feeling assez héroïque.
Pour finir, 2 bonus tracks sans surprise : "Raving mad" pourrait être une chute de l'album "Highway to hell" ; "I'm crying", très sautillant, propose des chœurs viriles en guise de refrain.
Au final, le bilan est plutôt bon : ces espagnols riffent bien (soulignons que c'est un bon groupe de scène) et ne rechignent pas à se diversifier. Leur "Nothing's gonna stop us" sera le compagnon musical de tout amateur de sons roots efficaces... si on lui laisse sa chance et que l'on ne recherche pas l'originalité à tout prix.
mercredi 30 décembre 2015
Gentlemans Pistols "Hustler's row" review : dans les ruelles du quartier Saint Wandrille (Le Pecq - France)
C'est lui, l'objet du délit...
La pochette, façon gravure de livre ancien, a la beauté du diable. Mais c'est l'une des plus réussies de l'année 2015 ! Toujours est-il qu'elle renferme un disque de hard rock 70's qui projette 45 ans en arrière.
Quartier Saint Wandrille, le soir du 24 décembre 2015. Il fait exceptionnellement doux dans ces ruelles pentues, accrochées à un coteau de la Seine. Elles n'ont pas dû bien changer depuis 1970... Pour sa part, le son de ce "Hustler's row" parait sortir d'amplis d'époque, par l'entremise d'une console et d'un enregistreur (à bandes, bien sûr) d'époque eux aussi. Rien ne semble avoir évolué depuis Deep Purple, Led Zep et consorts. Personnellement, la grande délicatesse de cette musique (et de son traitement) me fera souvent penser à Humble Pie tout au long de l'écoute (je dis ça humblement, bien sûr).
La nuit tombe vite... L'album a démarré avec "The searcher" sur un tempo assez élevé, ce qui n'aura pas lieu si souvent pendant ces quarante-cinq minutes seventies. La chanson en appelle au bon rock n' roll et certains accords renvoient au "Middle of the road" des Pretenders.
Grande tradition de l'époque inspiratrice : le morceau suivant ("Time wasters") démarre par un solo de guitare, laquelle est d'ailleurs très en voix sur l'ensemble de cette composition. Cassures et changements de tempo font aussi leur apparition sur "Time wasters", et d'autres chansons suivront naturellement cette technique de composition ("Private rendez vous", "Personal fantasy wonderland", "Coz of you").
"Stress and confusion" est une sorte de "Baby I'm gonna leave you", qui s'emballe pourtant vers le deuxième tiers, comme sur certains albums de doom classique. Encore dans un esprit
Led Zep, la balade semi acoustique "Hustler's row" clôt les débats. Un bon moment à l'ancienne.
La pochette, façon gravure de livre ancien, a la beauté du diable. Mais c'est l'une des plus réussies de l'année 2015 ! Toujours est-il qu'elle renferme un disque de hard rock 70's qui projette 45 ans en arrière.
La nuit tombe vite... L'album a démarré avec "The searcher" sur un tempo assez élevé, ce qui n'aura pas lieu si souvent pendant ces quarante-cinq minutes seventies. La chanson en appelle au bon rock n' roll et certains accords renvoient au "Middle of the road" des Pretenders.
Je redescends vers l'église Saint Wandrille et là : blasphème ! Voilà que retentit le tube mid tempo de l'album : "Devil's advocate on call". Bref, j'ai l'avocat du diable au téléphone en m'approchant de ce lieu de culte, très fréquenté le soir du 24 décembre ! Au menu : mélodie parfaite et belles guitares à la tierce (l'un des fils rouges du disque ; en déco sur quasiment tous les titres). Je dois dire qu'au cours des toutes premières écoutes, c'est presque uniquement cette chanson que l'on retient.
Après les guitares jumelles, c'est l'heure de remarquer les harmonies vocales subtiles et pas agressives pour un sou : "Devil's advocate on call", "Lady Teaser", "Dazzle drizzler".
Dans une autre veine, "Private rendez vous" et le court "Coz of you" font plutôt référence à la NWOBHM. C'est particulièrement flagrant avec le solo maidenien du deuxième titre cité."Stress and confusion" est une sorte de "Baby I'm gonna leave you", qui s'emballe pourtant vers le deuxième tiers, comme sur certains albums de doom classique. Encore dans un esprit
Led Zep, la balade semi acoustique "Hustler's row" clôt les débats. Un bon moment à l'ancienne.
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