The Outlaws est un groupe de country rock (on dira aussi rock sudiste) dont les guitaristes se sont fait surnommer la "guitar army" parce qu'ils ont la particularité, comme Lynyrd Skynyrd, d'être trois (mais on aurait tout aussi bien pu parler de "drum connection" puisqu'il y a aussi deux batteurs).
Placer un post sur "Bring it back alive" juste après celui consacré aux deux premiers albums live ébouriffants de Ted Nugent n'est pas forcément chose facile. Si "Double live Gonzo !" et "Intensities in ten cities" restituent sur rondelle la folie des concerts d'oncle Ted, avec ce son gras et épais, le disque live de The Outlaws marque le pas du fait d'une production faiblarde, pas plus épaisse qu'une feuille de papier. Trois guitaristes et deux batteurs dites-vous ? Eh bien, c'est parfois un peu difficile à entendre... Certes, tout le travail harmonique est là et c'est franchement du beau boulot. Par contre, la puissance n'est pas trop mise en valeur. Trois guitares cela devait pourtant générer un sacré punch...
Mais attention : malgré ces réserves, ce double album live datant de 1978 vaut la peine que l'on s'y attarde. Il est attachant, sans aucun doute, et il faut bien comprendre que ni les racines ni les intentions de The Outlaws ne sont les mêmes que celles d'un Ted Nugent très énervé. Il demandera par contre un peu d'investissement de la part de l'auditeur, certains titres ne se livrant pas si facilement que ça.
On passe sur une intro électronique instrumentale plutôt surprenante et décalée, pour parvenir à une belle triplette ("Stick around for rock & roll", "Lover boy", "There goes another love song") avec laquelle la carte de l'intensité rock est abattue avec succès mais aussi subtilité, chacun de ces titres ne fonctionnant surtout pas comme un "tout à fond tout le temps" ; au contraire, les structures qui les portent sont variées et progressives. Un bon démarrage de concert, donc.
Avec "Freeborn man", les racines country du groupe explosent davantage que sur les trois titres précédents, mais toujours dans un contexte rock.
Ensuite, avec la ballade contemplative "Prisoner", puis "I hope you don't mind", "Song for you" et "Cold and lonesome", on rentre dans une phase plus calme. Grosse baisse de pression sur ces chansons lorgnant entre la country, la folk et quelque chose qui évoque un peu le rock californien très cool ("Song for you", "Cold and lonesome") ou même quelques plans funky assaisonnés de lignes de basse disco ("I hope you don't mind"). Ce sont bien sûr des touches subtiles, comme ces breaks aux belles harmonies vocales sur "Cold and lonesome" qui rappellent une chorale gospel, et servent de tremplin pour des soli de guitare correctement envoyés.
On avance dans le show avec "Holiday" et ses belles guitares à la tierce en introduction. Là encore, rock cool dans une veine Beach Boys, avec un refrain particulièrement mémorisable qui incite à la douceur de vivre.
Encore des guitares jumelles (ou triplées) qui saluent le magnifique "Hurry sundown", l'une des perles du disque toute en fluidité, nostalgie et évidence, tandis que l'on sent que l'intensité du concert remonte petit à petit.
Et maintenant, place au grand final, le "Stairway to heaven" du groupe : "Green grass and high tides". Dix minutes en version studio ; près de vingt et une minutes sur ce disque live ! Et pourtant, on ne s'ennuie pas, tellement cette musique est épique, porteuse et coulant de source. Après une interprétation fidèle mais rallongée de ce grand classique du rock sudiste qui n'a pas à rougir face à "Sweet home Alabama", les onze dernières minutes sont bien sûr prétexte à des soli variés (guitares, batteries) et autres jams sur un rythme endiablé. The Outlaws nous met la fièvre, tout simplement, et parvient donc, un peu tardivement sur cette heure et quart de concert, à retranscrire vraiment la sueur et les émotions fortes sur bande. Comme quoi...
mardi 19 juillet 2016
dimanche 3 juillet 2016
Ted Nugent : 2 albums live pour les maniaques
"Double Live Gonzo !" et "Intensities in ten cities", parus respectivement en 1978 et en 1981, sont deux albums live totalement éruptifs, pour les maniaques de la guitare électrique en fusion. Il est vrai que Ted Nugent était considéré à l'époque comme l’archétype du guitar hero, doublé d'un véritable sauvage, et cela s'entend.
Le fond est le même, mais l'esprit de ces disques est un peu différent : "Double Live Gonzo !" se laisse aller dans les jams, la fièvre, le larsen et les discours enflammés ; "Intensities in ten cities" est tout aussi heavy mais beaucoup plus compact (ne serait-ce que la durée très raisonnable de chaque morceau). Tous deux sont le fruit d'enregistrements différents, dans des sites différents, mais sur une même tournée : on ramène des kilomètres de bandes et on en extrait le meilleur. Cela ne se fait plus trop de nos jours...
Dans l'histoire des albums live excessifs, ils font figure de pierres angulaires et rejoignent au panthéon les déflagrations soniques que sont "Kick out the jams", "No sleep 'til Hammersmith", "Band of gypsys" et d'autres encore.
Pour plus de précisions, je laisse la parole à "D'head Banger Magazine" qui avait sélectionné ces deux pépites en 1990 dans les 100 meilleurs albums du hard !
Le fond est le même, mais l'esprit de ces disques est un peu différent : "Double Live Gonzo !" se laisse aller dans les jams, la fièvre, le larsen et les discours enflammés ; "Intensities in ten cities" est tout aussi heavy mais beaucoup plus compact (ne serait-ce que la durée très raisonnable de chaque morceau). Tous deux sont le fruit d'enregistrements différents, dans des sites différents, mais sur une même tournée : on ramène des kilomètres de bandes et on en extrait le meilleur. Cela ne se fait plus trop de nos jours...
Dans l'histoire des albums live excessifs, ils font figure de pierres angulaires et rejoignent au panthéon les déflagrations soniques que sont "Kick out the jams", "No sleep 'til Hammersmith", "Band of gypsys" et d'autres encore.
Pour plus de précisions, je laisse la parole à "D'head Banger Magazine" qui avait sélectionné ces deux pépites en 1990 dans les 100 meilleurs albums du hard !
samedi 28 mai 2016
Mon printemps Dio
Tandis que "Holy diver" et "The last in line" hantent ma sélection musicale, je ressors un journal antédiluvien (mai 1990 !) : D'head Banger Magazine n°1, avec cette accroche fatale sur la couverture "Les 100 meilleurs albums du hard 1968 - 1990".
Je sais que les deux mythiques premiers albums de Dio s'y trouvent car ce mag unique (à ma connaissance, il n'y a jamais eu de n°2) je l'ai lu, relu, re-relu jusqu'à plus soif. Une véritable bible, un ovni journalistique, dont la photo scannée ne rend pas justice à son degré d'usure réel...
Bref, pour revenir à Dio, plutôt que de chroniquer pour la énième fois des chefs d'oeuvre qui n'ont plus rien à prouver, laissez-moi reproduire la page consacrée à cet inoubliable groupe.
Tout y est. Rien à ajouter, si ce n'est ne jamais oublier la voix magique de Ronnie James.
Je sais que les deux mythiques premiers albums de Dio s'y trouvent car ce mag unique (à ma connaissance, il n'y a jamais eu de n°2) je l'ai lu, relu, re-relu jusqu'à plus soif. Une véritable bible, un ovni journalistique, dont la photo scannée ne rend pas justice à son degré d'usure réel...
Bref, pour revenir à Dio, plutôt que de chroniquer pour la énième fois des chefs d'oeuvre qui n'ont plus rien à prouver, laissez-moi reproduire la page consacrée à cet inoubliable groupe.
Tout y est. Rien à ajouter, si ce n'est ne jamais oublier la voix magique de Ronnie James.
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| Même la fille des Poissonnard lisait D'head Banger Magazine... |
mercredi 18 mai 2016
Simo : "Let love show the way"
Un bijou de son vintage, la magie d'un power trio...
Comment doivent sonner une Gibson Les Paul et un ampli à lampes ? Qu'est-ce qu'un guitariste qui maîtrise l'art du toucher blues ? Qu'est-ce qu'un disque "habité" ? Il suffit en somme d'écouter Simo pour avoir de bons éléments de réponse à ces grandes questions.
Traversé en permanence par des chorus et des solis incandescents (au point que c'en est parfois un peu le bazar : "I lied"), ce disque de blues rock totalement rétrograde est une bien bonne surprise. Donc, dirons-nous, ça existe encore...
Durant tout l'opus, on n'invoque que des influences chaudes et positives : Led Zeppelin, Cream, The Allman Brothers (forcément pour ces derniers, puisque la majeure partie des chansons a été enregistrée par accident dans la maison-musée où le groupe vivait en communauté).
"Let love show the way" dit le titre de l'album, mais c'est plutôt la musique qui a dicté sa loi et a montré où aller, un peu comme sur "I'd rather die in vain" ou encore "Ain't doin' nothin'", deux longues jam sessions qui donnent à l'auditeur l'impression d'être dans le local de répétition du groupe. On ne pourra pas dire que ce disque a été trafiqué avec Pro Tools, n'est-ce pas ?
Alors, ce Simo cru 2016 est-il le petit bijou musical de l'année ? Difficile de rater le virtuose JD Simo dans la plupart des magazines de guitare de la planète, mais il faut être honnête : si ses plans blues sont magistraux, certaines de ses compositions risquent de ne pas faire date. Après bien des écoutes de ce "Let love show the way", il ne reste pas beaucoup de riffs ni de refrains dans nos oreilles. Seule l'impression véridique d'avoir passé un bon et authentique moment musical prédomine (c'est déjà pas mal...). Alors, on remet le disque encore et encore, et forcément on retient vite "Stranger blues" le drôle de boogie woogie qui ouvre les hostilités, "Long may you sail" avec sa guitare héroïque sonnant telle une cornemuse, "Becky's last occupation" qui reprend à son compte les fondations de "Black dog" mais sans grande originalité. Voilà le hic : il aurait fallu un supplément d'inspiration afin de sortir l'auditeur du sentiment d'écouter un Black Crowes en roue libre.
Dommage quand même, car à peu de choses près cela aurait pu être une baffe monumentale.
Comment doivent sonner une Gibson Les Paul et un ampli à lampes ? Qu'est-ce qu'un guitariste qui maîtrise l'art du toucher blues ? Qu'est-ce qu'un disque "habité" ? Il suffit en somme d'écouter Simo pour avoir de bons éléments de réponse à ces grandes questions.
Traversé en permanence par des chorus et des solis incandescents (au point que c'en est parfois un peu le bazar : "I lied"), ce disque de blues rock totalement rétrograde est une bien bonne surprise. Donc, dirons-nous, ça existe encore...
Durant tout l'opus, on n'invoque que des influences chaudes et positives : Led Zeppelin, Cream, The Allman Brothers (forcément pour ces derniers, puisque la majeure partie des chansons a été enregistrée par accident dans la maison-musée où le groupe vivait en communauté).
"Let love show the way" dit le titre de l'album, mais c'est plutôt la musique qui a dicté sa loi et a montré où aller, un peu comme sur "I'd rather die in vain" ou encore "Ain't doin' nothin'", deux longues jam sessions qui donnent à l'auditeur l'impression d'être dans le local de répétition du groupe. On ne pourra pas dire que ce disque a été trafiqué avec Pro Tools, n'est-ce pas ?
Alors, ce Simo cru 2016 est-il le petit bijou musical de l'année ? Difficile de rater le virtuose JD Simo dans la plupart des magazines de guitare de la planète, mais il faut être honnête : si ses plans blues sont magistraux, certaines de ses compositions risquent de ne pas faire date. Après bien des écoutes de ce "Let love show the way", il ne reste pas beaucoup de riffs ni de refrains dans nos oreilles. Seule l'impression véridique d'avoir passé un bon et authentique moment musical prédomine (c'est déjà pas mal...). Alors, on remet le disque encore et encore, et forcément on retient vite "Stranger blues" le drôle de boogie woogie qui ouvre les hostilités, "Long may you sail" avec sa guitare héroïque sonnant telle une cornemuse, "Becky's last occupation" qui reprend à son compte les fondations de "Black dog" mais sans grande originalité. Voilà le hic : il aurait fallu un supplément d'inspiration afin de sortir l'auditeur du sentiment d'écouter un Black Crowes en roue libre.
Dommage quand même, car à peu de choses près cela aurait pu être une baffe monumentale.
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| Au Bon Beurre : Jeanine Poissonnard aime Simo ! |
mercredi 11 mai 2016
Massive "Destination somewhere" : hard rock de printemps
Groupe Australien, mais rien à voir avec AC/DC, la référence étant plutôt à chercher du côté de Guns n' Roses, ou plus précisément la carrière solo de mister Slash... La distinction a son importance car, du coup, on dirigera le zoom musical vers les débuts de Gn'R (rugueux, urgence, efficacité) mais l'on pointera du doigt des refrains en deçà de la méga référence "Appetite for destruction" (quoique celui de "One for the road" fait son petit effet dès la première écoute).
Le disque est court (10 morceaux, 40 minutes) ce qui en facilite grandement la digestion. Une bien bonne chose à une époque où l'on bourre les CD's jusqu'à la gueule... Mais il faudra plusieurs écoutes pour franchir la porte palière : sachez-le (récompense assurée pour les plus assidus).
Ce bon hard rock n'est pas d'une grande variété mais on ne peut que saluer sa bonne vieille authenticité : l'intro Texane de "Sinking ship" (oooh, ils ont écouté "La Grange" de ZZ Top), les premières mesures de batterie de "Blood money blues" (coucou "Night train"), l'inspiration typiquement Soundgarden de "The fall", les nombreux passages blues acoustiques (la première partie de "The way it's always been", le début de "Blood money blues", la balade finale "Beaten dog" agrémentée de chaleureux chorus au bottleneck).
On appréciera aussi l'effort vocal : pas mal Axl Rose, un peu Chris Cornell, un peu James Hetfield, un tout petit peu punk singer à la Jello Biafra ("Circus"). Le C.V est honorable, et si la voix de Brad Marr n'est pas époustouflante, elle a l'avantage d'être bien à sa place dans cet environnement très rock et truffée de possibilités que l'on découvrira peu à peu, c'est sûr.
Poursuivons avec les excellentes prestations guitaristiques de ce "Destination somewhere" : la dose de bonnes vibrations est vite atteinte dans les riffs et les soli ne sont pas en reste, inspirés et accrocheurs (le final intense de "The way it's always been").
Enfin, disque sorti sur le label Earache = prix de vente alléchant !
Le disque est court (10 morceaux, 40 minutes) ce qui en facilite grandement la digestion. Une bien bonne chose à une époque où l'on bourre les CD's jusqu'à la gueule... Mais il faudra plusieurs écoutes pour franchir la porte palière : sachez-le (récompense assurée pour les plus assidus).
Ce bon hard rock n'est pas d'une grande variété mais on ne peut que saluer sa bonne vieille authenticité : l'intro Texane de "Sinking ship" (oooh, ils ont écouté "La Grange" de ZZ Top), les premières mesures de batterie de "Blood money blues" (coucou "Night train"), l'inspiration typiquement Soundgarden de "The fall", les nombreux passages blues acoustiques (la première partie de "The way it's always been", le début de "Blood money blues", la balade finale "Beaten dog" agrémentée de chaleureux chorus au bottleneck).
On appréciera aussi l'effort vocal : pas mal Axl Rose, un peu Chris Cornell, un peu James Hetfield, un tout petit peu punk singer à la Jello Biafra ("Circus"). Le C.V est honorable, et si la voix de Brad Marr n'est pas époustouflante, elle a l'avantage d'être bien à sa place dans cet environnement très rock et truffée de possibilités que l'on découvrira peu à peu, c'est sûr.
Poursuivons avec les excellentes prestations guitaristiques de ce "Destination somewhere" : la dose de bonnes vibrations est vite atteinte dans les riffs et les soli ne sont pas en reste, inspirés et accrocheurs (le final intense de "The way it's always been").
Enfin, disque sorti sur le label Earache = prix de vente alléchant !
dimanche 8 mai 2016
Un café & Blackrain : "Released"
De la Haute-Savoie au Sunset Strip, il y avait donc bien un chemin... Sur cette partie la plus animée du Sunset Boulevard, rappelons que les groupes mythiques du glam métal ont défrayé la chronique dans les années 80.
En 2016, avec ce "Released" tout neuf entre les mains, c'est l'un de ces albums légendaires que j'ai l'impression de détailler. Et encore, c'est un peu réducteur...
Le plus américain des groupes français a accouché d'un album varié et ambitieux, doté d'une dimension telle que les frontières sont abolies.
Idéalement produits, voici treize titres (dont une reprise : "For your love" des Yardbirds) + un ghost track, qui explorent un large éventail de styles, du hard rock festif (auquel Blackrain est abonné depuis longtemps) jusqu'à des plaisirs plus inédits.
Dans toutes ces chansons, deux dénominateurs communs : la qualité des refrains (une constante chez Blackrain) et la richesse des arrangements (guitares finement ciselées, comme ces belles harmonies sur "Mind control" et "Killing me", ou encore cette alliance idéale folk / électrique sur "Words ain't enough").
On renoue, sans surprise,avec des saveurs juvéniles (il y a du Poison dans "Puppet on a string" et "Electric blue") et de bonnes décharges électriques bien calibrées ("Back in town" et son intro à la "It's so easy", "Mind control"). Certaines, dans cette même catégorie, bénéficient de gimmicks forts : "Eat you alive" et ses quelques mesures de musique de cirque, "Rock your funeral" et sa géniale oraison funèbre introductive, le "ghost track" affublé du cri de guerre traditionnel du groupe. Tout cela est aisément mémorisable et c'est un vrai plus pour s’approprier ce disque.
Ensuite, les innovations : d'abord, des chansons sur lesquels Blackrain enrichit l'instrumentation (les quelques séquences synthés de "Killing me" et "Run tiger run", le piano de "Fade to black") sans trahir son style et son efficacité. Dès les premières mesures légères de "Run tiger run" (beaux arpèges à la Cure) ou symphoniques de "Killing me", on sent qu'il va se passer quelque chose de différent, et pourtant les refrains restent de bonnes pépites hard rock. Très fort !
Avec "Fade to black", c'est un peu le même menu, sauf que l'on parlera plus de "power ballade", ce qui d'ailleurs étonne agréablement par rapport au calme plat du début. Un titre très "progressif", fort bien structuré.
Sur "Words ain't enough", le groupe s'encanaille avec une pop très dynamique. On pourrait presque parler de rock indépendant, sauf que ce titre est une véritable ode à la bonne humeur... Une impression de "grand huit" musical, comme sur certains albums de Prince. Alors, continuons avec "One last prayer", car c'est une sorte de gospel électrique dont le refrain fait d'ailleurs penser aux Platters !
Finalement, seul "Home" rate un peu le coche, car trop proche d'une ballade GN'R (on pense à "Sweet child o' mine", mais sans grande originalité).
Au fait, le café était très bon, lui aussi...
En 2016, avec ce "Released" tout neuf entre les mains, c'est l'un de ces albums légendaires que j'ai l'impression de détailler. Et encore, c'est un peu réducteur...
Le plus américain des groupes français a accouché d'un album varié et ambitieux, doté d'une dimension telle que les frontières sont abolies.
Idéalement produits, voici treize titres (dont une reprise : "For your love" des Yardbirds) + un ghost track, qui explorent un large éventail de styles, du hard rock festif (auquel Blackrain est abonné depuis longtemps) jusqu'à des plaisirs plus inédits.
Dans toutes ces chansons, deux dénominateurs communs : la qualité des refrains (une constante chez Blackrain) et la richesse des arrangements (guitares finement ciselées, comme ces belles harmonies sur "Mind control" et "Killing me", ou encore cette alliance idéale folk / électrique sur "Words ain't enough").
On renoue, sans surprise,avec des saveurs juvéniles (il y a du Poison dans "Puppet on a string" et "Electric blue") et de bonnes décharges électriques bien calibrées ("Back in town" et son intro à la "It's so easy", "Mind control"). Certaines, dans cette même catégorie, bénéficient de gimmicks forts : "Eat you alive" et ses quelques mesures de musique de cirque, "Rock your funeral" et sa géniale oraison funèbre introductive, le "ghost track" affublé du cri de guerre traditionnel du groupe. Tout cela est aisément mémorisable et c'est un vrai plus pour s’approprier ce disque.
Ensuite, les innovations : d'abord, des chansons sur lesquels Blackrain enrichit l'instrumentation (les quelques séquences synthés de "Killing me" et "Run tiger run", le piano de "Fade to black") sans trahir son style et son efficacité. Dès les premières mesures légères de "Run tiger run" (beaux arpèges à la Cure) ou symphoniques de "Killing me", on sent qu'il va se passer quelque chose de différent, et pourtant les refrains restent de bonnes pépites hard rock. Très fort !
Avec "Fade to black", c'est un peu le même menu, sauf que l'on parlera plus de "power ballade", ce qui d'ailleurs étonne agréablement par rapport au calme plat du début. Un titre très "progressif", fort bien structuré.
Sur "Words ain't enough", le groupe s'encanaille avec une pop très dynamique. On pourrait presque parler de rock indépendant, sauf que ce titre est une véritable ode à la bonne humeur... Une impression de "grand huit" musical, comme sur certains albums de Prince. Alors, continuons avec "One last prayer", car c'est une sorte de gospel électrique dont le refrain fait d'ailleurs penser aux Platters !
Finalement, seul "Home" rate un peu le coche, car trop proche d'une ballade GN'R (on pense à "Sweet child o' mine", mais sans grande originalité).
Au fait, le café était très bon, lui aussi...
dimanche 24 avril 2016
Black Aces : "Shot in the dark"
Pendant qu'AC/DC continue à vivre des heures difficiles, un jeune groupe (d'ailleurs Australien) se réalise dans un hard rock binaire typiquement AOC.
Black Aces ayant déjà passé le cap de l'EP ("Hellbound" en 2014), voici à présent le premier album, le vrai !
Première impression, amusante : le groupe est bien sûr sérieusement influencé par le vieux rock des antipodes (AC/DC, Rose Tattoo, The Angels...), mais c'est beaucoup Airbourne et sa fabuleuse première déflagration "Runnin' wild" que ces nouveaux venus ont eu en ligne de mire, produisant ainsi une musique juvénile et urgente.
"Shot in the dark" est un album bien produit, bien interprété et sympathique à faire tourner sur sa platine, mais il ne réalise pas le carton plein de "Runnin' wild".
Le souci, c'est que les p'tits gars de Black Aces ont totalement la science de l'efficacité et des Gibson SG, mais pas suffisamment celle de la composition. Il faut bien des écoutes avant d'apprivoiser cet album, tant les refrains sont simplistes, en 2 ou 3 notes (rarement plus). Néanmoins, il s'apprivoise et devient même un très bon compagnon. Mais, pour cela, il faudra aussi accepter la voix du chanteur, sorte de Bon Scott (trop) souvent suraigu. C'est l'empreinte vocale du groupe et elle est originale, mais elle en fera fuir plus d'un !
Black Aces ayant déjà passé le cap de l'EP ("Hellbound" en 2014), voici à présent le premier album, le vrai !
Première impression, amusante : le groupe est bien sûr sérieusement influencé par le vieux rock des antipodes (AC/DC, Rose Tattoo, The Angels...), mais c'est beaucoup Airbourne et sa fabuleuse première déflagration "Runnin' wild" que ces nouveaux venus ont eu en ligne de mire, produisant ainsi une musique juvénile et urgente.
"Shot in the dark" est un album bien produit, bien interprété et sympathique à faire tourner sur sa platine, mais il ne réalise pas le carton plein de "Runnin' wild".
Le souci, c'est que les p'tits gars de Black Aces ont totalement la science de l'efficacité et des Gibson SG, mais pas suffisamment celle de la composition. Il faut bien des écoutes avant d'apprivoiser cet album, tant les refrains sont simplistes, en 2 ou 3 notes (rarement plus). Néanmoins, il s'apprivoise et devient même un très bon compagnon. Mais, pour cela, il faudra aussi accepter la voix du chanteur, sorte de Bon Scott (trop) souvent suraigu. C'est l'empreinte vocale du groupe et elle est originale, mais elle en fera fuir plus d'un !
Cela étant, Black Aces a bien lu son petit AC/DC illustré. Du coup, on ne pourra pas leur reprocher une certaine variété dans les approches, à défaut de riffs originaux . Par exemple, la ballade "The walls", sorte de "Night prowler" (ou encore "Motor city is burning") lourde de menaces. Rien à voir avec les brûlots speed que sont "Back on the chain", "Rough touch", "Let it roll" ou encore "Shake the ace" (bonus track européen), qui sont tous les quatre de petites pépites. C'est d'ailleurs avec ces morceaux que j'ai définitivement trouvé la porte d'entrée de ce disque, sans négliger pour autant certains titres mid-tempo comme "Girl like you" (excellent pré-refrain en "stop & go"), "Shot in the dark" (très "mid" et donc curieusement placé en ouverture, mais aisément mémorisable), "Burnin' up the highway" (classique et efficace à la "Get it hot" de qui on sait).
Au final, un disque attachant et authentique, qui fleure bon le denim, l'insouciance, la bière, les filles et surtout le rock n' roll.
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