Pas facile de creuser son trou dans le monde sans pitié des combos se réclamant de l'héritage d'AC/DC... Les australiens de Black Aces en ont fait l'expérience à l'occasion de cette troisième sortie : "Anywhere but here" est juste paru dans une indifférence quasi générale (cela a du moins été le cas en France). Aussi peu de promotion, c'en est quasiment troublant...
Toujours est-il que l'album se trouve bel et bien entre nos mains (merci l'import et la vente en ligne !) et que les écoutes sont allées bon train.
Premier constat : les Black Aces aiment toujours le rock n' roll et savent le jouer (réflexions basiques mais fondées sur le fait que l'absence de logo sur la pochette aurait pu faire penser à un virage musical drastique : il n'en est rien). En même temps, ce nouvel album se charge de nous informer que le groupe n'est pas (ou plus) un pur clone d'AC/DC. La production est trop propre et éclatante (moderne, en somme), le chanteur perce toujours aussi bien dans les aigus (rien à voir décidément ni avec Bon ni avec Brian), et la plupart des riffs ne sont pas des pompages mais plus des mises en situation, "dans l'esprit de" telle ou telle chanson de la bande à Angus. "Show me how to rock n' roll" en appelle à des titres introductifs puissants comme "For those about to rock" ou "Thunderstruck", "Where you love from" est la bonne balade façon "Rock n' roll ain't noise pollution", tandis que "Cut me loose" se présente comme le petit bolide façon 'Beating around the bush" (forte ressemblance quand même avec le riff de "This means war").
"Anywhere but here" (qui aurait bien pu s'appeler aussi "Oval motel") défile et les bonnes impressions s'accumulent. Refrains réussis ("Anywhere but here", "Where you love from", "We came for rock n' roll"), titres rampants et vicieux à souhait ("Down", "We came for rock n' roll"), incursions sur les vastes terres du rock et du blues (le boogie ZZ Topien de "Short changed"). Petit retour sur "We came for rock n' roll" qui ferme le bal, et dont le riff simplissime et les chœurs virils (on pense un peu à Anthrax sur ce point-là) frôlent le génie, ou du moins un excellent savoir faire !
Ce troisième Black Aces n'est pas l'album du siècle (la faute, notamment, à quelques titres plus "passe partout") mais confirme la bonne santé d'un jeune groupe que l'on devrait soutenir et promouvoir davantage.
lundi 29 octobre 2018
jeudi 25 octobre 2018
The Magpie Salute
"The Magpie Salute" c'est la nouvelle incarnation musicale de Rich Robinson, le guitariste fondateur et frère ennemi de The Black Crowes... Une perpétuelle histoire d'oiseaux en somme.
Ce disque paru en 2017 constitue la première carte de visite de ce groupe naissant. Curieusement (ou comme un clin d’œil à certains pans de l'histoire du rock), il s'agit d'un album live, mais enregistré en studio (lors des "Woodstock Sessions"). Autre curiosité : le track listing fait la part belle aux reprises, la seule composition originale estampillée "The Magpie Salute" étant "Omission" (l'une des plus électriques et énergiques du lot).
De cet album, on louera le son vintage et riche à la fois (il y a quand même dix personnes dans le groupe). "The Magpie Salute" ne donne ni dans le progressif ni dans le symphonique, mais c'est une somme de petits détails qui consolident sa prestation : des chœurs et harmonies vocales à foison, des petites notes d'orgue Hammond et de piano et, bien sûr, de la guitare électrique comme s'il en pleuvait (branchée sur ampli à lampes, s'il vous plaît).
Du la première à la dernière mesure, "The Magpie Salute" se balade sur les rives du bon goût, tour à tour rock seventies plus ou moins teinté de blues (la plupart des morceaux), country ("Ain't no more cane"), jazz ("Goin' down south", "War drums") ; s'offrant même le luxe final d'une relecture, d'ailleurs sublime, du "Time will tell" de Bob Marley.
Un excellent album.
Ce disque paru en 2017 constitue la première carte de visite de ce groupe naissant. Curieusement (ou comme un clin d’œil à certains pans de l'histoire du rock), il s'agit d'un album live, mais enregistré en studio (lors des "Woodstock Sessions"). Autre curiosité : le track listing fait la part belle aux reprises, la seule composition originale estampillée "The Magpie Salute" étant "Omission" (l'une des plus électriques et énergiques du lot).
De cet album, on louera le son vintage et riche à la fois (il y a quand même dix personnes dans le groupe). "The Magpie Salute" ne donne ni dans le progressif ni dans le symphonique, mais c'est une somme de petits détails qui consolident sa prestation : des chœurs et harmonies vocales à foison, des petites notes d'orgue Hammond et de piano et, bien sûr, de la guitare électrique comme s'il en pleuvait (branchée sur ampli à lampes, s'il vous plaît).
Du la première à la dernière mesure, "The Magpie Salute" se balade sur les rives du bon goût, tour à tour rock seventies plus ou moins teinté de blues (la plupart des morceaux), country ("Ain't no more cane"), jazz ("Goin' down south", "War drums") ; s'offrant même le luxe final d'une relecture, d'ailleurs sublime, du "Time will tell" de Bob Marley.
mercredi 8 août 2018
AC / DC : "If you want blood you've got it"
D'abord, un petit détour par le magazine Rock Hard et cette excellente rubrique intitulée "Les 10 commandements de...", dans laquelle un musicien raconte sa dizaine d'albums préférés et les conditions, parfois rocambolesques parfois banales, de la découverte de chacun d'eux. Eh oui, au détour d'un achat non planifié, d'un placard ou même d'une poubelle, il y a parfois une découverte qui va nous marquer à vie...
Dans mes 10 commandements à moi, il y aurait sans aucun doute ce "If you want blood you've got it" d'AC / DC, album live enregistré en 1978, donc (sauf erreur) sur la tournée "Powerage".
J'ai acheté cette cassette audio dans le bac à soldes d'un petit supermarché de Gironde, sur mon lieu de vacances, l'été 1985. Un hasard complet, mais comme le destin fait parfois bien les choses (et le prix des cassettes étant particulièrement dérisoire), j'ai aussi pris le même jour, dans le même bac, le sublime "Nebraska" de Bruce Springsteen...
Mais revenons à "If you want blood you've got it" : je ne cacherai pas que mes premiers pas avec cet album ont été un peu tendus ! Peu habitué au rock n' roll et au blues, j'ai frôlé l'incompréhension à l'écoute du magma brut qui sortait des enceintes... "Brut", "rêche" sont bien les adjectifs qui me viennent à l'esprit pour qualifier le son du jeune AC / DC sur ce live ; mais j'ajouterais aussi "électrique", en référence notamment au bruit de transformateur haute tension qui démarre le concert !
Mais bon, nos meilleures découvertes musicales naissent souvent d'un choc artistique, et malgré cette production sans fioriture qui me heurtait un peu les oreilles, il faut bien admettre que cette cassette revenait sans cesse dans mon lecteur. Car "If you want blood you've got it", en plus d'être l'un des albums live à avoir réussi la mise sur bandes de l'énergie scénique, est aussi une compilation de titres géniaux, portés par un chanteur inoubliable : Bon Scott.
Les chansons délicieusement allongées et customisées pour la scène, porteuses de solis fiévreux ("High voltage", "Let there be rock"), côtoient les brûlots ("Rocker", "Problem child", "Riff raff"), le blues menaçant et salace ("The jack") ou à la "Mannish boy" survitaminé ("Whole lotta Rosie"), ainsi que quelques compositions plus posées ("Hell ain't a bad place to be", "Rock n' roll damnation", "Bad boy boogie"). Dans tout cet ensemble, la magie des riffs et des refrains opère en permanence.
Par la suite, j'ai souvent rêvé refaire une découverte aussi marquante que "If you want blood you've got it", souhait qui a parfois été réalisé, bien entendu. Au côté de cet album sauvage, je citerais par exemple le "Live at Woodstock" de Jimi Hendrix, le "Live bootleg" d'Aerosmith, ou encore le "Live after death" d'Iron Maiden. Par contre, certains albums mythiques n'ont pas forcément fait mouche dans mon esprit : c'est le cas du "No sleep 'til Hammersmith" (Motörhead) dont, à mon sens, une partie de l'énergie vitale n'a pas été retranscrite par l'enregistrement.
Dans mes 10 commandements à moi, il y aurait sans aucun doute ce "If you want blood you've got it" d'AC / DC, album live enregistré en 1978, donc (sauf erreur) sur la tournée "Powerage".
J'ai acheté cette cassette audio dans le bac à soldes d'un petit supermarché de Gironde, sur mon lieu de vacances, l'été 1985. Un hasard complet, mais comme le destin fait parfois bien les choses (et le prix des cassettes étant particulièrement dérisoire), j'ai aussi pris le même jour, dans le même bac, le sublime "Nebraska" de Bruce Springsteen...
Mais revenons à "If you want blood you've got it" : je ne cacherai pas que mes premiers pas avec cet album ont été un peu tendus ! Peu habitué au rock n' roll et au blues, j'ai frôlé l'incompréhension à l'écoute du magma brut qui sortait des enceintes... "Brut", "rêche" sont bien les adjectifs qui me viennent à l'esprit pour qualifier le son du jeune AC / DC sur ce live ; mais j'ajouterais aussi "électrique", en référence notamment au bruit de transformateur haute tension qui démarre le concert !
Mais bon, nos meilleures découvertes musicales naissent souvent d'un choc artistique, et malgré cette production sans fioriture qui me heurtait un peu les oreilles, il faut bien admettre que cette cassette revenait sans cesse dans mon lecteur. Car "If you want blood you've got it", en plus d'être l'un des albums live à avoir réussi la mise sur bandes de l'énergie scénique, est aussi une compilation de titres géniaux, portés par un chanteur inoubliable : Bon Scott.
Les chansons délicieusement allongées et customisées pour la scène, porteuses de solis fiévreux ("High voltage", "Let there be rock"), côtoient les brûlots ("Rocker", "Problem child", "Riff raff"), le blues menaçant et salace ("The jack") ou à la "Mannish boy" survitaminé ("Whole lotta Rosie"), ainsi que quelques compositions plus posées ("Hell ain't a bad place to be", "Rock n' roll damnation", "Bad boy boogie"). Dans tout cet ensemble, la magie des riffs et des refrains opère en permanence.
Par la suite, j'ai souvent rêvé refaire une découverte aussi marquante que "If you want blood you've got it", souhait qui a parfois été réalisé, bien entendu. Au côté de cet album sauvage, je citerais par exemple le "Live at Woodstock" de Jimi Hendrix, le "Live bootleg" d'Aerosmith, ou encore le "Live after death" d'Iron Maiden. Par contre, certains albums mythiques n'ont pas forcément fait mouche dans mon esprit : c'est le cas du "No sleep 'til Hammersmith" (Motörhead) dont, à mon sens, une partie de l'énergie vitale n'a pas été retranscrite par l'enregistrement.
lundi 6 août 2018
dimanche 5 août 2018
samedi 4 août 2018
Guns n' Roses : "Appetite for destruction" (deluxe edition - 2cd)
Voici donc l'édition deluxe 2cd, parue à l'occasion de l'anniversaire des trente ans de l'un des plus grands disques du rock n' roll : "Appetite for destruction".
D'emblée, soyons bien clair : il est inutile de revenir sur le contenu providentiel de l'album original qui est proposé sur le premier cd. Pour cela, ne paraphrasons pas et laissons la parole à une chronique parue en 1990 (cf. "Appetite for destruction - D'Head Banger magazine"). En fait, le seul point méritant un commentaire serait plutôt : pourquoi remastériser un album dont le son d'époque était déjà idéal ? Bienvenue dans le premier cercle de l'enfer du music business...
Le cd n°2 s'appelle "B-sides, EPs n' more", mais il plaira moyennement à ceux, nombreux, qui possèdent déjà "Live ?!*@ Like a suicide" et surtout "G N' R Lies" : ils retrouveront tels quels "Reckless life", "Nice boys", "Move to the city", "Mama kin", "Patience" et "Used to love her"... Il n'y a rien à dire sur ces titres, qui sont de vraies merveilles, mais la méthode laisse à désirer, d'autant que vous aurez peut-être déjà noté l'absence de "One in a million" (ce qui signifie que l'achat de "G N' R Lies" n'est pas devenu obsolète, d'autant qu'il contient une version acoustique de "You're crazy" légèrement différente de celle fournie sur cette réédition). Bienvenue dans le deuxième cercle de l'enfer du music business...
Beaucoup plus intéressant, le cd n°2 rassemble aussi des titres disséminés parus sur des faces B de singles ou sur des EP's : pas mal de versions live ("Shadow of your love", "It's so easy", "Knockin' on heaven's door", "Whole lotta rosie") ainsi que la version acoustique de "You're crazy" dont on parlait tout à l'heure.
Enfin, le nirvana tant attendu : les inédits. En tête, balancée en avant-première et en éclaireur de cette campagne de rééditions, la version studio de "Shadow of your love" : enregistrée dans le même lieu que celui qui sera utilisé pour "Appetite for destruction" deux mois plus tard, et avec le même producteur, elle a servi de démo-test pour apprécier en conditions réelles quel son pourrait mettre en valeur le potentiel incroyable du groupe.
Un tout petit peu plus anciens (quelques mois avant ce "Shadow of your love" test), nous avons droit à 5 titres enregistrés en guise de démos aux Sound City Studios : "Welcome to the jungle", "Nighttrain", "Out ta get me", "Paradise city" et "My Michelle". Le son est brut et l'interprétation urgente, sachant que le groupe a mis en boîte 29 titres en 48 heures (dont les 5 qui nous sont proposés). Honnêtement, avec cette production spartiate, ce sont les titres les plus agressifs qui tirent leur épingle du jeu (comme "Out ta get me" ou "My Michelle"). Pour les autres, plus nuancés et élaborés, il faudra attendre l'habillage du producteur providentiel Mike Clink pour en sucer vraiment la substantifique moelle... Par contre, l'état d'avancement du processus de composition est déjà impressionnant. Beau trésor de guerre, mais pour écouter le reste (ou presque) de ces "Sound City sessions", il faudra acquérir l'édition super deluxe, et débourser près de 150 euros ! Apprécier Guns n' Roses a clairement un coût... Pour se consoler, en attendant de réunir la somme, une version acoustique inédite de "Move to the city" nous attend en fin de parcours.
vendredi 3 août 2018
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