Oz. Ce nom dira sans doute quelque chose à ceux qui ont vécu le métal des années 80. Ce groupe scandinave était alors un sérieux outsider dans le paysage musical assez restreint de l'époque, et la presse spécialisée les avait même surnommé "le Motörhead suédois".
Après une très longue pause, Oz s'est reformé vers 2011 et a publié un nouvel album ("Burning leather") composé à moitié de nouveau matériel et d'anciens titres réenregistrés.
En 2016, "Burning leather" et "Vinyl tracks" sont les 2 seules possibilités d'écouter Oz sur sa platine si l'on ne possède pas les disques originaux, et que l'on ne souhaite pas débourser des sommes honteuses...
"Vinyl tracks" est donc une compilation de titres issus du premier album ("Heavy metal heroes / Hey you"), du troisième album ("Third warning"), du quatrième album ("Decibel storm") et de l'EP "Turn the cross upside down". Toutes ces chansons n'avaient auparavant jamais été éditées sur CD, d'où le titre de cette réalisation ("Vinyl tracks") et le fait que le deuxième album ("Fire in the brain") ainsi que le cinquième ("Roll the dice") aient été écartés, puisque déjà honorés par la fée numérique (mais pas disponibles pour autant).
Ce qui est curieux, c'est que la liste des titres n'est pas du tout chronologique puisque l'on démarre avec cinq extraits de "Decibel storm" (1986), suivis par cinq autres de "Heavy metal heroes / Hey you" (1982), puis encore cinq venant de "Third warning" (1984) et, enfin, "Turn the cross upside down" tiré de l'EP éponyme (1984). Il est vrai que "Heavy metal heroes / Hey you" présente une facette assez différente du reste et il aurait peut-être été trompeur de commencer l'écoute par ces titres-là... Composés par un guitariste unique remplacé par la suite, ils déploient un heavy rock sans grande originalité qui en appelle parfois à Rainbow (le riff de "Rather knight" calqué sur celui de "Stargazer") et peut même ponctuellement évoquer Téléphone ("Call from your eyes").
Deux ans plus tard, "Third warning" est une vraie révolution : ce manifeste dédié au speed metal ne laisse aucune répit. Les cinq extraits sont tous joués à un rythme frénétique, drivés par une paire de gratteux fous. La chanson-titre est une tuerie, un véritable avertissement musical et une pièce de choix du patrimoine métallique. "Samuraï" étonne avec son refrain inhabituel, "Runner" donne l'impression de courir un marathon, tandis que "Total metal", pelote de nerfs presque anti-mélodique, écrase tout sur son passage. Le chanteur Ape De Martini se veut une sorte de Bruce Dickinson violent et primitif : lyrique autant qu'agressif.
En comparaison de certains refrains spartiates de l'album "Third warning", la chanson "Turn the cross upside down" est un hymne, immédiatement mémorisable mais redoutable de puissance. L'ombre de Maiden et de certains groupes de la NWOBHM rôde autour de ce titre auquel la production d'époque, noyée de reverb, ne rend pas assez honneur.
L'album "Decibel storm" est rapide mais plus policé que son prédécesseur, avec des refrains soignés, de belles parties de twin guitars ("Firestarter", "Sound of speed"), des riffs puissants qui rappellent certains passages de "Piece of mind" (Iron Maiden encore) : écoutez "Where eagles dare" puis "Eyes of the stranger"... Ape De Martini ne se ménage pas et sa voix monte dans les aigus bien souvent. Tout fleure bon le métal efficace, alors pourquoi ce "Teenage rampage" un peu trop groovy et rock n' roll qui casse l'ambiance ? Mystère... Production à la hauteur pour ce disque enregistré en 1986.
dimanche 30 octobre 2016
mardi 25 octobre 2016
Darkthrone : "The underground resistance"
L'album de 2013, la fusion de toutes les influences du groupe : un sommet.
Ce disque est en soit assez facile à décrire : six titres et, comme Darkthrone est un duo, égalité parfaite entre les deux membres maléfiques qui en signent et en chantent exactement trois chacun !
Les chansons de Nocturno Culto représentent la part fondatrice du groupe. Ce sont les plus proches de ses racines black metal, même si ce style n'est plus pur du tout puisque fortement mâtiné de heavy vicieux, et beaucoup moins linéaire qu'avant. Les structures sont très réfléchies : que dire d'un titre tel que "Come warfare, the entire doom" (plus de huit minutes) qui démarre sur un riff écrasant pour parvenir, après un savant parcours, à un motif speedé complexe mais atmosphérique (à la manière de certains passage d'Immortal sur les albums "Blizzard Beast" ou encore "At the heart of winter"). Et ces solis spectraux qui parsèment "Lesser man", à la dynamique assurée par des breaks façon early Metallica : le grand frisson... Finalement, le très efficace "Dead early" ouvrant les hostilités représenterait bien la partie la plus classique et sans surprise de cette entreprise. Et pourtant...
Passons maintenant à Fenriz qui concrétise ici tous ses rêves de speed / proto thrash / power metal du début des années 80. C'est un hommage, autant qu'une passion dévorante : on peut donc s'amuser à retrouver du Helloween des débuts sur "Valkyrie", du power metal et de la NWOBHM sur "The ones you left behind", du Celtic Frost et un superbe démarrage hystérique à la Judas Priest sur le pavé "Leave no cross unturned" (plus de 13 minutes). Fenriz propose un chant lyrique assez convaincant, tel que le pratiquaient les chanteurs de speed metal de l'époque : en voyant sa photographie sur la pochette, en compagnie d'un album d'Agent Steel, on comprend où il a puisé son inspiration. Bon, n'est pas John Cyriis qui veut, mais les petites maladresses et approximations dans les parties vocales participent au charme roots de Darkthrone, chez qui tout n'est jamais lisse.
Un superbe disque de métal, qui perpétue la tradition.
Ce disque est en soit assez facile à décrire : six titres et, comme Darkthrone est un duo, égalité parfaite entre les deux membres maléfiques qui en signent et en chantent exactement trois chacun !
Les chansons de Nocturno Culto représentent la part fondatrice du groupe. Ce sont les plus proches de ses racines black metal, même si ce style n'est plus pur du tout puisque fortement mâtiné de heavy vicieux, et beaucoup moins linéaire qu'avant. Les structures sont très réfléchies : que dire d'un titre tel que "Come warfare, the entire doom" (plus de huit minutes) qui démarre sur un riff écrasant pour parvenir, après un savant parcours, à un motif speedé complexe mais atmosphérique (à la manière de certains passage d'Immortal sur les albums "Blizzard Beast" ou encore "At the heart of winter"). Et ces solis spectraux qui parsèment "Lesser man", à la dynamique assurée par des breaks façon early Metallica : le grand frisson... Finalement, le très efficace "Dead early" ouvrant les hostilités représenterait bien la partie la plus classique et sans surprise de cette entreprise. Et pourtant...
Passons maintenant à Fenriz qui concrétise ici tous ses rêves de speed / proto thrash / power metal du début des années 80. C'est un hommage, autant qu'une passion dévorante : on peut donc s'amuser à retrouver du Helloween des débuts sur "Valkyrie", du power metal et de la NWOBHM sur "The ones you left behind", du Celtic Frost et un superbe démarrage hystérique à la Judas Priest sur le pavé "Leave no cross unturned" (plus de 13 minutes). Fenriz propose un chant lyrique assez convaincant, tel que le pratiquaient les chanteurs de speed metal de l'époque : en voyant sa photographie sur la pochette, en compagnie d'un album d'Agent Steel, on comprend où il a puisé son inspiration. Bon, n'est pas John Cyriis qui veut, mais les petites maladresses et approximations dans les parties vocales participent au charme roots de Darkthrone, chez qui tout n'est jamais lisse.
Un superbe disque de métal, qui perpétue la tradition.
dimanche 28 août 2016
Joy Division "Still", du métro Nationale au métro Bercy (Paris 13ème)
Un disque grave et froid ("Ice age"), véritable épure musicale posthume, parue peu après le suicide par pendaison du chanteur Ian Curtis. Constitué de morceaux inédits, laissés pour compte, chutes de studio et autres titres live, "Still" est l'un des sommets du post punk. Le malaise démarre avec les larsens de "Exercise one" et son rythme immuable. Il ne nous lâchera plus, même sur les titres les plus énergiques ("Ice age", "Walked in line", "The kill"). L'instrumentation est simple : une batterie, une basse très présente, une guitare qui grince ou qui scintille. Claviers minimalistes et rares ("Something must break", "Glass"). Il y a de tout dans ce catalogue : la marche chaotique de "The sound of music" (avec barrissements de guitares en intro), Ian Curtis au bord de la rupture vocale dans les graves sur "The only mistake", les dissonances de "Glass", la longue descente aux enfers de "Sister Ray" (enregistré live)...
On continue la procession avec le concert de Birmingham, constitué de titres bien balisés de "Unknown pleasures" et "Closer". Excellent son et interprétation sans faille (à part la musique elle-même). Sur la réédition CD, on a droit au concert de High Wycombe et son soundcheck : qualité sonore moindre mais correcte, titres un peu différents, moins convenus parfois ("Sound of music", "Atrocity exhibition", "The eternal", "Ice age"...). Intéressant.
Dans l'un des quartiers les moins touristiques de la capitale, entre le béton des grands immeubles et le métal du métro aérien, j'ai donc révisé mon "Still"... Musique et visuel à la fois (dommage qu'il n'ait pas fait gris ce jour-là)...
![]() Métro Nationale |
![]() Boulevard Vincent Auriol |
![]() |
| Métro Chevaleret |
Boulevard Vincent Auriol - Quai de la gare
Pont de Bercy - vers Quai de la gare
Bercy - ministère des finances
vendredi 26 août 2016
Grave Digger "Let your heads roll - The very best of the Noise years 1984-1986"
En 2013, BMG a racheté le catalogue du célèbre label germanique des années 80 / 90. Nous sommes en 2016, et il est donc bien temps d'exhumer les pépites qui s'y trouvent, en commençant par une première série de best of (qui sera, semble-t-il, suivie par une deuxième vague, puis la réédition de quelques albums emblématiques).
Et voici donc "Let your heads roll - The very best of the Noise years 1984-1986", couvrant les quatre premiers méfaits du groupe allemand Grave Digger. Une légende du métal, et une vraie bonne affaire : 2 cd, 28 titres et un prix modique pour découvrir des disques de plus en plus difficilement trouvables.
Le premier album mythique, "Heavy metal breakdown", est plutôt bien représenté : 8 chansons, dont une relativement rare ("Shoot her down"), parue sur des EP's ou des éditions étrangères. L'occasion de s'immerger dans du vrai speed metal (la plupart des morceaux, dont le méchant "Headbanging man"), de découvrir un hymne ultime ("Heavy metal breakdown") ainsi qu'une ballade trop mielleuse ("Yesterday").
Six titres seulement pour le deuxième opus "Witch hunter". Dommage car c'est mon préféré, la faute au vinyle acheté d'occasion à l'époque chez Boulinier (Paris, quartier latin). Là encore, du speed metal à pleurer ("Witch hunter", "Get away", "Here I stand"), un titre rare ("Don't kill the children"), mais une ballade sublime cette fois-ci ("Love is a game"). Une géniale redécouverte, dominée par la voix en silex de Chris Boltendahl.
Sur l'album suivant, "War games", le groupe reste fidèle à sa recette très heavy, mais varie le groove de ses morceaux et soigne les refrains. En somme, ce disque préfigure ce que sera le Grave Digger des années 90, puis du nouveau millénaire. Sept chansons permettent de se faire une bonne idée de cette époque (dont la célèbre "Enola Gay").
La compilation se termine avec 7 extraits de "Stronger than ever", l'unique album de Digger (une incarnation soft de Grave Digger). Répondant aux sirènes du marché américain ainsi qu'aux conseils de son label, le groupe avait donc gommé une partie de son nom et édulcoré son propos. Le disque s'est très mal vendu, ce qui a conduit à un split et à la fin du mariage avec Noise (reformation quatre ans plus tard, mais avec le soutien d'une autre maison de disque). Anecdotique, ce "Stronger than ever" n'en est pas moins un bon album, audacieux et sur lequel l'ADN des allemands jaillit à plusieurs reprises (le speed "Lay it on", la fin endiablée de "Don't leave me lonely"). Chris Boltendahl a bien du mal à ne pas sortir les tripes, mais il se retient sur le moderne et planant morceau-titre "Stronger than ever", digne des meilleurs titres de Saga, ou encore "Moon riders" avec sa guitare slide originale sur les couplets et son break new wave. Un peu plus de punch sur des titres hard rock mélodiques et puissants ("Wanna get close", "Stand up and rock") mais dans un contexte inhabituel et à l'originalité mesurée.
Et voici donc "Let your heads roll - The very best of the Noise years 1984-1986", couvrant les quatre premiers méfaits du groupe allemand Grave Digger. Une légende du métal, et une vraie bonne affaire : 2 cd, 28 titres et un prix modique pour découvrir des disques de plus en plus difficilement trouvables.
Le premier album mythique, "Heavy metal breakdown", est plutôt bien représenté : 8 chansons, dont une relativement rare ("Shoot her down"), parue sur des EP's ou des éditions étrangères. L'occasion de s'immerger dans du vrai speed metal (la plupart des morceaux, dont le méchant "Headbanging man"), de découvrir un hymne ultime ("Heavy metal breakdown") ainsi qu'une ballade trop mielleuse ("Yesterday").
Six titres seulement pour le deuxième opus "Witch hunter". Dommage car c'est mon préféré, la faute au vinyle acheté d'occasion à l'époque chez Boulinier (Paris, quartier latin). Là encore, du speed metal à pleurer ("Witch hunter", "Get away", "Here I stand"), un titre rare ("Don't kill the children"), mais une ballade sublime cette fois-ci ("Love is a game"). Une géniale redécouverte, dominée par la voix en silex de Chris Boltendahl.
Sur l'album suivant, "War games", le groupe reste fidèle à sa recette très heavy, mais varie le groove de ses morceaux et soigne les refrains. En somme, ce disque préfigure ce que sera le Grave Digger des années 90, puis du nouveau millénaire. Sept chansons permettent de se faire une bonne idée de cette époque (dont la célèbre "Enola Gay").
La compilation se termine avec 7 extraits de "Stronger than ever", l'unique album de Digger (une incarnation soft de Grave Digger). Répondant aux sirènes du marché américain ainsi qu'aux conseils de son label, le groupe avait donc gommé une partie de son nom et édulcoré son propos. Le disque s'est très mal vendu, ce qui a conduit à un split et à la fin du mariage avec Noise (reformation quatre ans plus tard, mais avec le soutien d'une autre maison de disque). Anecdotique, ce "Stronger than ever" n'en est pas moins un bon album, audacieux et sur lequel l'ADN des allemands jaillit à plusieurs reprises (le speed "Lay it on", la fin endiablée de "Don't leave me lonely"). Chris Boltendahl a bien du mal à ne pas sortir les tripes, mais il se retient sur le moderne et planant morceau-titre "Stronger than ever", digne des meilleurs titres de Saga, ou encore "Moon riders" avec sa guitare slide originale sur les couplets et son break new wave. Un peu plus de punch sur des titres hard rock mélodiques et puissants ("Wanna get close", "Stand up and rock") mais dans un contexte inhabituel et à l'originalité mesurée.
dimanche 21 août 2016
Les rééditions ADX
C'est sur le label grec No Remorse Records que ressortent le deuxième et le troisième album d'ADX. Rappelons que "La Terreur" avait été réédité en 2010 par Bernett Records sous le titre "Terreurs" (avec les 7 titres de 1986, 3 inédits de l'époque, l'album entièrement réenregistré, ainsi qu'un CD de démos des albums "Weird visions" et "Exécution"). "Suprématie", quant à lui, revient du marécage des albums indisponibles depuis belle lurette...
On appréciera grandement le respect des artworks d'origine (aux oubliettes la pochette immonde de "Terreurs"). Autre bon point : chaque album est agrémenté de morceaux en concert inédits tirés des archives du groupe. Sur "La Terreur", on découvre par exemple "La vierge de fer", une pépite live qui n'est autre que la première version de "Tourmente et passion". Par contre, la qualité sonore n'est pas trop au rendez-vous : tous ces titres bonus sont des bootlegs de qualité moyenne, il faut bien le savoir. L'écoute est parfois un peu difficile mais le charme opère : toute une époque, et l'impression fugitive d'être un privilégié ayant déterré un trésor qui devait dormir sur de vieilles cassettes audio poussiéreuses !
Par contre, quel dommage de n'avoir pas plus de renseignements sur ces morceaux live...
Où ? Quand ? Sur les live de 1986, on peut entendre Phil remercier le public de Chambéry (petite recherche sur France Metal Museum : ce serait des extraits du concert du 27/12). De même, "La vierge de fer" (live 1985) viendrait peut-être bien du France Festival de Choisy le Roi (juillet 1985).
De fait, les livrets sont trop succincts : les textes des chansons, quelques photos (groupe, tickets de concert, articles d'époque illisibles...) mais pas de biographie ou d'anecdotes.
Autre petite discorde : une remasterisation des enregistrements en studio aurait été la bienvenue. Pour "La Terreur", ça passe, mais le son de "Suprématie" n'est pas toujours très bon : rendu parfois métallique des guitares (pas dans le bon sens du terme), trop de reverb... Impossible de revenir sur la production d'origine, certes, mais il est certainement possible de faire mieux avec la technologie d'aujourd'hui.
Enfin, pointons du doigt une vraie faute de goût sur l'album "Suprématie" : l'instrumental "Nostromo" qui ouvre les hostilités n'est plus lié à la chanson-titre "Suprématie". Gros blanc d'une seconde qui gâche tout l'effet atmosphérique de l'intro. Quelle boulette !
Ces quelques réserves mises à part, c'est avec bonheur que l'on se replonge dans le speed metal d'ADX et que l'on retrouve à prix normal ces disques qui font partie de notre patrimoine. Belle initiative du label No Remorse, donc, malgré des petites maladresses.
On appréciera grandement le respect des artworks d'origine (aux oubliettes la pochette immonde de "Terreurs"). Autre bon point : chaque album est agrémenté de morceaux en concert inédits tirés des archives du groupe. Sur "La Terreur", on découvre par exemple "La vierge de fer", une pépite live qui n'est autre que la première version de "Tourmente et passion". Par contre, la qualité sonore n'est pas trop au rendez-vous : tous ces titres bonus sont des bootlegs de qualité moyenne, il faut bien le savoir. L'écoute est parfois un peu difficile mais le charme opère : toute une époque, et l'impression fugitive d'être un privilégié ayant déterré un trésor qui devait dormir sur de vieilles cassettes audio poussiéreuses !
Par contre, quel dommage de n'avoir pas plus de renseignements sur ces morceaux live...
Où ? Quand ? Sur les live de 1986, on peut entendre Phil remercier le public de Chambéry (petite recherche sur France Metal Museum : ce serait des extraits du concert du 27/12). De même, "La vierge de fer" (live 1985) viendrait peut-être bien du France Festival de Choisy le Roi (juillet 1985).
De fait, les livrets sont trop succincts : les textes des chansons, quelques photos (groupe, tickets de concert, articles d'époque illisibles...) mais pas de biographie ou d'anecdotes.
Autre petite discorde : une remasterisation des enregistrements en studio aurait été la bienvenue. Pour "La Terreur", ça passe, mais le son de "Suprématie" n'est pas toujours très bon : rendu parfois métallique des guitares (pas dans le bon sens du terme), trop de reverb... Impossible de revenir sur la production d'origine, certes, mais il est certainement possible de faire mieux avec la technologie d'aujourd'hui.
Enfin, pointons du doigt une vraie faute de goût sur l'album "Suprématie" : l'instrumental "Nostromo" qui ouvre les hostilités n'est plus lié à la chanson-titre "Suprématie". Gros blanc d'une seconde qui gâche tout l'effet atmosphérique de l'intro. Quelle boulette !
Ces quelques réserves mises à part, c'est avec bonheur que l'on se replonge dans le speed metal d'ADX et que l'on retrouve à prix normal ces disques qui font partie de notre patrimoine. Belle initiative du label No Remorse, donc, malgré des petites maladresses.
vendredi 12 août 2016
Deströyer 666 : "Cold steel for an iron age"
Juin 2002, au Virgin Megastore, à Paris. Le rayon métal, qui a rétréci au lavage, a été relégué au fin fond du premier étage, dans une sorte de corridor bas de plafond. Ne soyons pas parano : ainsi en était-il de la plupart des CD, tous genres confondus ou presque... Bref, dans le peu de place restante, trônaient deux nouveautés alléchantes : "Hell's unleashed", marquant le retour des death métalleux suédois d'Unleashed après bien des années d'absence, et "Cold steel for an iron age" des barbares australiens de Deströyer 666.
Mais pris d'un accès de méfiance aiguë, je n'achètai ni l'un ni l'autre, me réfugiant vite fait auprès de valeurs bien mieux maîtrisées par votre serviteur, telles que le "Crucible" d'Halford ou le "Revelations" de Vader.
Eh bien, 14 ans plus tard, l'affront est presque lavé. Presque ? Oui, car je tiens bien entre mes mains ce fameux "Cold steel for an iron age", mais le sniper armé de la pochette a disparu, cédant la place à une gravure monochrome post apocalyptique à base de loups, de faucheuse et de monolithe mystérieux. L'accroche guerrière et sulfureuse, façon tract de groupuscule occulte, a donc disparu. Dommage...
Mais pris d'un accès de méfiance aiguë, je n'achètai ni l'un ni l'autre, me réfugiant vite fait auprès de valeurs bien mieux maîtrisées par votre serviteur, telles que le "Crucible" d'Halford ou le "Revelations" de Vader.
Eh bien, 14 ans plus tard, l'affront est presque lavé. Presque ? Oui, car je tiens bien entre mes mains ce fameux "Cold steel for an iron age", mais le sniper armé de la pochette a disparu, cédant la place à une gravure monochrome post apocalyptique à base de loups, de faucheuse et de monolithe mystérieux. L'accroche guerrière et sulfureuse, façon tract de groupuscule occulte, a donc disparu. Dommage...
Mais la musique est toujours bien là, et il y a même un bonus track d'époque ("The dragon"). Les amateurs d'Impaled Nazarene et de Marduk, dans leurs réalisations les plus nuancées, pourront trouver leur bonheur avec Deströyer 666 et son thrash / black metal de bonne facture. Le riff du morceau d'ouverture "Black city / black fire" est à enseigner à l'école tant il est bien trouvé. L'ensemble du disque n'est d'ailleurs pas d'une agression folle : ce n'est pas un "tout à fond", il est même assez varié. Il y a bien sûr du bon speed ("Sons of perdition", "Raped", "Savage pitch" et son superbe riff virevoltant), mais aussi de l'héroïque puissant à apprécier cheveux au vent ("Cold steel...", le majestueux "Witch hunter"), du quasi symphonique - sans clavier - que n'aurait pas renié Emperor ("The fall of shadows"), des références à Bathory dans sa période viking ("The calling", "The dragon")... Mon dieu, quel catalogue d'émotions, mais toujours sous la bannière du métal le plus pur.
Excellent album.
dimanche 31 juillet 2016
Last in Line : "Heavy crown"
Faire revivre les bonnes recettes du passé... Il n'y a pas que dans les produits culinaires du terroir qu'un tel credo existe. Demandez à Thin Lizzy ce qu'ils en pensent : entre Black Star Riders, Dead Lords, Black Trip (voire '77 et Audrey Horne, dans une moindre mesure, le temps d'une chanson) le choix des héritiers est vaste. Questionnez aussi AC/DC : Airbourne, '77 (encore) ou Black Aces n'attendent que ça pour expliquer leurs influences ! On pense également à Mercyful Fate, à travers ces formations copie carbone nommées Attic, Portrait, In Solitude ou bien sûr Denner/Shermann. Petit clin d’œil à Iron Maiden : Black Trip (premier album "Goin' under") et Audrey Horne (certains titres de "Pure Heavy") s'occupent de vous. Enfin, Exciter dont l'ombre plane bas sur les débuts du groupe suédois Enforcer, et les regrettés Motörhead sans qui Nitrogods n'existerait vraiment pas. La liste n'est pas exhaustive.
Alors, il ne manquait plus que Dio : invité tardif mais bel et bien représenté depuis 2016 à ce banquet de riffs new old stock. Ici, le véhicule s'appelle Last in Line ; mais attention : ce groupe a toute légitimité pour tenter de capturer l'essence d'albums mythiques tels que "Holy diver" ou "Last in line" (justement) puisqu'il est composé des trois quarts du line up qui leur a donné vie ! Étonnant, n'est-ce pas ? Mais alors, le chanteur ? Eh bien, c'est un jeune inconnu du nom d'Andrew Freeman qui a accepté l'un des postes les plus glissants et embarrassants du heavy metal. Mais les membres de Last in Line ont bien joué car Andrew, s'il sait se faire lyrique, puissant et agressif, n'est pas une doublure vocale de Ronnie James, et il ne chante pas non plus des histoires de dragons. Qu'à cela ne tienne : quelques secondes de musique et la production mate qui caractérisait les disques de Dio est bel et bien présente, de même que quelques tics qui ne trompent pas au niveau des riffs. On continue l'écoute et c'est alors que l'expérience prend une tournure troublante : nous sommes en 2016, Ronnie est mort il y a 6 ans et ce "Heavy crown" pourrait bien être son nouvel album... Non, décidément non, ce n'est pas sa voix... Mais "Devil in me" qui ouvre l'album en appelle tellement à "Last in line" (la chanson). Et puis, il y a aussi "Martyr" et "I am revolution", deux brûlots façon fils cachés de "Stand up and shout" et "We rock". Et que dire de ces structures rampantes, incroyablement heavy ("Starmaker", "Burn the house down", "Blame it on me"), envoûtantes ("Orange glow"), audacieuses (la construction de "Heavy crown", le morceau-titre). Certains refrains se fixent tout de suite ("Starmaker", "Burn the house down", "Heavy crown"), comme à la grande époque.
Pourtant, ne rêvons pas : "Heavy crown" (l'album) ne se hisse pas aux niveaux exceptionnels de "Holy diver" et "Last in line" évoqués plus haut. Mais il se mesure à l'aune d'œuvres moins référentielles telles que "Sacred heart" ou "Dream evil" (sans les claviers parfois un peu encombrants d'antan) ce qui est déjà prometteur. Hélas, le décès du bassiste historique Jimmy Bain, survenu peu avant la sortie de ce disque, compromet sérieusement l'avenir de Last in Line...
Alors, il ne manquait plus que Dio : invité tardif mais bel et bien représenté depuis 2016 à ce banquet de riffs new old stock. Ici, le véhicule s'appelle Last in Line ; mais attention : ce groupe a toute légitimité pour tenter de capturer l'essence d'albums mythiques tels que "Holy diver" ou "Last in line" (justement) puisqu'il est composé des trois quarts du line up qui leur a donné vie ! Étonnant, n'est-ce pas ? Mais alors, le chanteur ? Eh bien, c'est un jeune inconnu du nom d'Andrew Freeman qui a accepté l'un des postes les plus glissants et embarrassants du heavy metal. Mais les membres de Last in Line ont bien joué car Andrew, s'il sait se faire lyrique, puissant et agressif, n'est pas une doublure vocale de Ronnie James, et il ne chante pas non plus des histoires de dragons. Qu'à cela ne tienne : quelques secondes de musique et la production mate qui caractérisait les disques de Dio est bel et bien présente, de même que quelques tics qui ne trompent pas au niveau des riffs. On continue l'écoute et c'est alors que l'expérience prend une tournure troublante : nous sommes en 2016, Ronnie est mort il y a 6 ans et ce "Heavy crown" pourrait bien être son nouvel album... Non, décidément non, ce n'est pas sa voix... Mais "Devil in me" qui ouvre l'album en appelle tellement à "Last in line" (la chanson). Et puis, il y a aussi "Martyr" et "I am revolution", deux brûlots façon fils cachés de "Stand up and shout" et "We rock". Et que dire de ces structures rampantes, incroyablement heavy ("Starmaker", "Burn the house down", "Blame it on me"), envoûtantes ("Orange glow"), audacieuses (la construction de "Heavy crown", le morceau-titre). Certains refrains se fixent tout de suite ("Starmaker", "Burn the house down", "Heavy crown"), comme à la grande époque.
Pourtant, ne rêvons pas : "Heavy crown" (l'album) ne se hisse pas aux niveaux exceptionnels de "Holy diver" et "Last in line" évoqués plus haut. Mais il se mesure à l'aune d'œuvres moins référentielles telles que "Sacred heart" ou "Dream evil" (sans les claviers parfois un peu encombrants d'antan) ce qui est déjà prometteur. Hélas, le décès du bassiste historique Jimmy Bain, survenu peu avant la sortie de ce disque, compromet sérieusement l'avenir de Last in Line...
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